L'édito de la semaine : « La reprise de 2010 ne devrait pas compenser la chute de 2009 »

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Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès, présente ses perspectives 2010 pour l'économie française après une année 2009 où le pire a été évité.

La France a finalement évité le pire en 2009, la récession s'y étant avérée un peu plus modérée qu'ailleurs (avec une baisse du PIB de « seulement » 2,2%). Les plans de relance keynésiens massifs ont permis aux pays développés de sortir de récession, dans la plupart des cas, dès le deuxième trimestre. La France a en outre bénéficié d'une appréciable résilience de la consommation.

Cela n'a pas empêché d'importants écarts de performances entre les différents secteurs de l'économie française. Les activités immobilières ont ainsi finalement résisté dans un contexte pourtant défavorable. Les activités financières ont enregistré une croissance ralentie mais positive de leur production. L'industrie pharmaceutique a également évité une récession forte, notamment grâce à H1N1.

Comme toujours en période de récession, les secteurs industriels ont plus souffert que les services. Parmi les plus touchés, le textile a continué d'être pénalisé par un phénomène structurel de perte de compétitivité, en dehors de niches bien précises. Les biens d'équipement ont vu leur production chuter de plus de 20% en un an, emportés par la baisse de l'investissement des entreprises en France et en Europe. La chimie a été tirée vers le bas par l'automobile, le BTP et les IAA. L'énergie s'est vue pénalisée par le recul de la production industrielle. L'activité du secteur des matériels de transport s'est, quant à elle, repliée de près de 15% en raison, notamment, de la contraction de la production automobile, malgré les primes à la casse. On notera également que du côté des industries agroalimentaires, secteur pourtant peu cyclique, le bilan est également négatif.

Dans les services, c'est le commerce de gros, très lié au commerce international, qui a connu les plus grosses difficultés l'année dernière. A l'inverse, les grands acteurs des services de télécommunications ont assez peu ressenti les effets de la crise sur leur activité. Quant au commerce de détail, il a relativement bien résisté à la récession grâce à une consommation tenace.

2010 devrait présenter un visage différent, en raison de l'évolution des conditions macroéconomiques. On peut en effet s'attendre pour cette année à une légère reprise du bloc investissement-exportations. Ce phénomène expliquerait notamment la hausse de la production dans de secteurs comme les biens d'équipement, les IAA, l'agriculture ou le commerce de gros.

Il faut toutefois noter que dans la quasi-totalité des secteurs analysés, la reprise de 2010 ne compenserait pas la chute de 2009. Pour certaines branches, nous attendons même de nouvelles baisses (matériels de transport en raison de la fin programmée des primes à la casse, chimie ou construction). L'année en cours se terminerait donc avec des surcapacités persistantes et des pressions baissières sur les marges.

A l'inverse, la consommation des ménages serait malmenée par la fin du recul des prix, par un moindre soutien des politiques publiques, et surtout, par la remontée du chômage. Le commerce de détail ou l'immobilier, par exemple, en souffriraient et ne parviendraient pas à renouer avec la croissance.

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