L'édito de la semaine : "Deux ans après"

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Michel Didier, président de La Française des Placements Gestion Privée et de Coe-Rexecode, revient sur la fin de la récession mondiale deux ans après le déclenchement de la crise des subprimes.

L'été 2009 marquera la fin de la récession mondiale. C'est aussi le deuxième anniversaire du déclenchement d'une terrible crise économique et financière qui s'est étendue à l'ensemble de la planète. Il y a deux ans exactement, le monde découvrait avec effarement les subprimes, les « conduits », la titrisation à plusieurs étages, la disparition de certains marchés, etc. Le sauve-qui-peut des investisseurs mettait fin à une longue période de hausse des cours boursiers qui avait notamment porté le Cac40 de 2.500 à 6.000 points.

La situation actuelle est presque inverse. Lorsque la crise s'est amorcée, le sentiment dominant était le « mythe de la croissance éternelle ». Il y a quelques mois, c'était plutôt le « mythe de la crise sans fin », officialisé par certaines prévisions internationales (revues en hausse depuis). Il y a encore un an, le baril de pétrole coûtait 150 dollars et la perspective de 300 dollars était largement soutenue. Depuis, le prix du pétrole a lourdement chuté. On pourrait multiplier les exemples de ces changements complets de perspectives intervenus en moins de deux ans. Quels enseignements peut-on en tirer pour l'avenir?

1/ L'économie n'est presque jamais à l'équilibre. Elle passe sans cesse d'une situation de déséquilibre à une autre. C'est cet enchaînement de déséquilibres temporaires qui crée la dynamique économique et en particulier les cycles des affaires.

2/ Nous sommes actuellement arrivés à un point bas du cycle. Un rebond de l'activité est largement engagé en Asie, il est imminent aux Etats-Unis et très prochain en Europe. Les marchés boursiers l'ont d'ailleurs bien anticipé dès le printemps dernier.

3/ Pour aller plus loin dans la hausse, il faudra toutefois y voir plus clair dans la force et la solidité du rebond. Car un rebond n'est pas une reprise. Pour qu'une croissance durable et forte s'installe, il faudra desserrer les freins du crédit et de la dette (privée et publique). Il faudra aussi que le besoin d'investir revienne. Cela ne peut pas être immédiat

4/ Une normalisation de l'économie appellera tôt ou tard une normalisation des taux d'intervention des Banques centrales (Fed et BCE). Nous en sommes encore loin, mais il faudra y penser dans le courant de l'année 2010 sous peine de créer de nouveaux déséquilibres financiers générateurs d'instabilité.

5/ Avec la fin de la récession commence une nouvelle phase du cycle. Après deux ans de mauvaises surprises, la tendance des fondamentaux économiques redevient favorable. C'est une période d'opportunités pour les investisseurs avisés.

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