L'édito de la semaine : "Défendre les actionnaires"

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Cette semaine la parole est donnée à Marc Fiorentino, président d'Euroland Finance.

En France, on avait déjà l’habitude de ne voir les entrepreneurs que comme des « patrons » et de faire un raccourci malheureux entre patrons, grands patrons et patrons voyous. Mais voilà qu’aujourd’hui ce sont les actionnaires qui se retrouvent au banc des accusés. Des actionnaires rincés, broyés, pillés et ruinés. Quand Philippe Marini a suggéré, suggéré seulement, de permettre de déduire une partie, très limitée, des pertes boursières des actionnaires, une campagne d’une violence sans précédents s’est déclenchée. « Une mesure immorale » a-t-on entendu ! Et le plus étonnant, c’est que les critiques ne sont pas venues seulement de la gauche et de l’extrême gauche, mais surtout des nouveaux convertis de droite, de plus en plus nombreux, à l’anticapitalisme. Les temps changent. L’Etat n’a plus besoin des actionnaires aujourd’hui. Il ne peut pas pour l’instant mettre la Poste en Bourse (cela ferait mauvais effet, parait il...). Il n’a pas de blocs d’actions à vendre comme il l’avait fait avec Renault car les cours sont trop bas. Alors, il n’a plus aucun intérêt à aider les actionnaires. Il vaut mieux même les vilipender pour faire « social » avec un raccourci qui fait des petits actionnaires détenteurs d’un PEA les suppôts du capitalisme de marché responsables de la crise financière. Les entrepreneurs sont des patrons voyous et les petits actionnaires des complices des fonds spéculatifs, des hedge funds, assoiffés de profits. On croit rêver ! Ou, le mot serait plus juste, quel cauchemar ! Faut il rappeler que l’écrasante majorité des actionnaires sont des petits actionnaires ? Que c’est l’Etat lui-même qui a fait venir des millions d’actionnaires en Bourse quand il avait besoin de privatiser les entreprises nationales ? Tout le monde a d’ailleurs applaudi il n’y a pas si longtemps quand EDF avait attiré prés de 3 millions d’actionnaires... Qu’en période de fuite des banques, la Bourse est le dernier moyen de financer le développement des entreprises de croissance ? Qu’un petit actionnaire qui a, souvent sous la contrainte amicale de son agence locale, mis du Natixis dans son portefeuille et perdu 90% de son argent n’est pas George Soros ? Faut il également rappeler que dans quelques mois ou quelques années, l’Etat aura besoin de céder à nouveau des participations pour financer ses déficits et limiter une explosion de la dette de plus en plus insoutenable... Et il viendra refaire les yeux doux à ceux qui sont aujourd’hui laissés pour compte. Il aura également besoin de relancer l’actionnariat salarié quand il voudra contrôler la hausse des coûts salariaux.

Sans entrepreneurs et sans actionnaires il n’y a pas d’économie. La France a besoin de ses actionnaires et elle manque d’actionnaires. Il est de notre devoir de défendre les petits actionnaires qui eux ne descendent pas dans les rues et ne perturbent pas l’ordre public quand ils veulent obtenir gain de cause. Il faut prévoir des mesures de soutien aux actionnaires pour inciter les épargnants à venir ou revenir vers la Bourse. Un petit actionnaire n’est pas un spéculateur et il faut arrêter de le prendre pour un pigeon...




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