L'Ecosse pourrait opposer son veto aux lois sur le Brexit-Sturgeon

le
0
 (Actualisé avec sondage et citation de Sturgeon) 
    par Estelle Shirbon 
    LONDRES, 26 juin (Reuters) - Le parlement d'Edimbourg 
envisagera de s'opposer aux lois régissant la sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne, si cela s'avère nécessaire 
pour préserver les intérêts de l'Ecosse, a déclaré dimanche la 
Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon. 
    L'Ecosse, qui compte cinq millions d'habitants, s'est 
prononcée jeudi à 62% pour le maintien dans l'UE lors du 
référendum organisé dans tout le Royaume-Uni, ce qui la place en 
porte-à-faux avec le reste du pays, le "Out" l'ayant emporté par 
52% sur le "In" sur l'ensemble de la Grande-Bretagne. 
    En vertu des complexes accords qui confèrent certains 
pouvoirs au sein du Royaume-Uni à l'Ecosse, au Pays de Galles et 
à l'Irlande du Nord, les textes qui seront votés par le 
parlement britannique pour donner force de loi au retrait de 
l'UE nécessiteront le feu vert des parlements des trois régions 
susmentionnées. 
    Priée par la BBC-télévision de dire si elle envisageait de 
demander au parlement écossais de rejeter la motion par laquelle 
Londres demandera le feu vert d'Edimbourg au "Brexit", Nicola 
Sturgeon a répondu sans ambiguïté: "Bien sûr". 
    "Ne vous trompez pas, je me soucie du reste du Royaume-Uni, 
je me soucie de l'Angleterre, c'est pourquoi je suis affectée 
par la décision qui a été prise au plan britannique. Mais mon 
travail en tant que Première ministre, et le travail du 
parlement écossais, c'est de me prononcer sur la base de ce qui 
sert les intérêts des Ecossais", a continué Nicola Sturgeon. 
     
    SONDAGE FAVORABLE A L'INDÉPENDANCE 
    La Première ministre, dont le parti, le SNP (Parti national 
écossais) milite pour l'indépendance de l'Ecosse et pour son 
appartenance à l'UE, a dit à maintes reprises depuis l'annonce 
du résultat du référendum qu'elle prendrait toutes les mesures 
qui s'imposeraient pour garantir le respect de la volonté 
démocratique des Ecossais. 
    Cela signifie qu'un nouveau référendum sur l'indépendance de 
l'Ecosse est "fortement probable", a-t-elle dit, en faisant 
valoir que quitter le Royaume-Uni serait la seule manière pour 
Edimbourg de rester dans l'UE. 
    Lors du référendum organisé en septembre 2014, les Ecossais 
avaient rejeté l'indépendance par 55% des voix contre 45% pour. 
    Selon un sondage réalisé vendredi par l'institut ScotPulse 
et que publie le journal écossais Sunday Post, 59% des personnes 
interrogées après l'annonce du Brexit se disent favorables 
désormais à l'indépendance de l'Ecosse. 
    A en croire Nicola Sturgeon, le résultat du référendum a 
changé la donne pour l'Ecosse et il est légitime que la question 
de son accession à l'indépendance soit posée de nouveau. 
    "Le contexte et les circonstances ont changé du tout au 
tout. Le Royaume-Uni au sein duquel l'Ecosse a choisi de rester 
en 2014 n'existe plus", a-t-elle déclaré. 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant