L'économie palestinienne victime de la guerre-Banque mondiale

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JERUSALEM, 16 septembre (Reuters) - La guerre menée par Israël contre Gaza va mettre fin à sept ans de croissance de l'économie des territoires palestiniens, qui devrait se contracter de près de 4% cette année, conclut un rapport publié mardi par la Banque mondiale. Dans la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, la chute de l'activité pourrait atteindre 15% tandis qu'en Cisjordanie, une reprise timide au quatrième trimestre pourrait permettre une croissance d'environ 0,5% sur l'année, précise l'institution internationale. Son étude explique l'effondrement de l'économie palestinienne par les 50 jours de guerre entre l'armée israélienne et les forces du Hamas à Gaza, les restrictions à la circulation des marchandises imposées par Israël et l'Egypte ou encore la diminution de l'aide étrangère à l'Autorité palestinienne. La reconstruction de Gaza après le conflit devrait coûter 7,8 milliards de dollars (6,0 milliards d'euros), ont estimé au début du mois les autorités palestiniennes. "Le conflit et la tragédie humanitaire à Gaza n'ont fait qu'empirer la situation déjà difficile de l'économie palestinienne et qu'augmenter la pression sur la situation budgétaire de l'Autorité palestinienne", explique le rapport. L'Egypte doit accueillir le 12 octobre une conférence internationale censée assurer des financements pour la reconstruction de Gaza et les bailleurs de fonds de l'Autorité palestinienne prévoient se réunir en marge de l'assemble générale de l'Onu la semaine prochaine. Avant même le conflit armé des derniers mois, la croissance de l'économie palestinienne décélérait depuis 2012 et elle était tombée l'an dernier à moins de 2%. Mais elle pourrait rebondir fortement l'an prochain et dépasser 4% si la reconstruction de Gaza débute rapidement, estime la Banque mondiale. A plus long terme, l'institution juge qu'une croissance pérenne de l'économie des territoires palestiniens dépendra du soutien budgétaire international à l'Autorité palestinienne et des "efforts sincères" d'Israël "pour permettre une circulation meilleure et plus rapide des personnes et des marchandises" prenant en compte ses "impératifs légitimes de sécurité". Israël bloque toujours les exportations depuis Gaza, note le rapport de la Banque mondiale, ajoutant que la destruction des tunnels entre l'Egypte et l'enclave palestinienne pénalise la population de cette dernière, soit 1,8 million de personnes. (Jeffrey Heller,; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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