L'économie marque le pas, la Fed attendue au tournant

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RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE AMÉRICAINE AU 2E TRIMESTRE
RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE AMÉRICAINE AU 2E TRIMESTRE

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - L'économie américaine a encore ralenti au deuxième trimestre, comme le laissaient présager de nombreux indicateurs publiés ces dernières semaines, les consommateurs étant de plus en plus nombreux à réfréner leurs dépenses, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale à injecter davantage de fonds.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 1,5% en rythme annuel d'avril à juin, son rythme le plus faible depuis le troisième trimestre 2011, a dit vendredi le département du Commerce.

La croissance du premier trimestre a toutefois été révisée en hausse à 2,0% contre 1,9% annoncé en première estimation.

"L'économie peine à garder de l'altitude", a commenté Robert Dye, chef économiste chez Comerica à Dallas.

Ce ralentissement risque de donner de nouveaux arguments aux opposants du président Barack Obama, qui sollicitera en novembre un nouveau mandat de quatre ans à la Maison blanche.

La progression du PIB est conforme à celle attendue par les analystes et ce ralentissement devrait alimenter les attentes de voir la Fed lancer un nouveau cycle d'assouplissement quantitatif (QE3).

La Fed réunit la semaine prochaine un comité de politique monétaire (FOMC) au terme duquel aucune annonce spectaculaire n'est attendue et de nombreux économistes pensent qu'elle devrait attendre la réunion des 12 et 13 septembre pour avancer ses pions.

La perte de vitesse de la machine économique américaine est en partie imputable à la crise de la dette en zone euro, dont les effets se propagent à l'économie mondiale du fait d'un ralentissement de la demande en provenance du Vieux Continent.

A cela s'ajoutent les craintes que provoque un plan de réduction de dépenses et de hausses d'impôts qui doit être mis en application début 2013.

Les derniers indicateurs en date, de l'emploi à l'industrie manufacturière, montrent qui plus est que la marge de rebond est mince au troisième trimestre.

C'est essentiellement parce que les Américains diminuent leurs dépenses que l'économie dans son ensemble marque le pas. La crainte de perte d'emploi dissuade de nombreux ménages de procéder à des achats qu'ils préfèrent reporter, dans l'automobile notamment.

Les dépenses des consommateurs, qui représentent 70% de l'économie du pays, n'ont augmenté que de 1,5% sur le trimestre, bien moins que la hausse de 2,4% enregistrée sur la période précédente.

La situation sur le front de l'emploi progresse trop lentement, 100.000 créations de postes chaque mois, pour soutenir la croissance et la consommation.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • lelis le vendredi 27 juil 2012 à 16:09

    Peu importe, que les QE n'ont pas d'effet sur l'économie réelle : ce n'est plus celle-ci qui est avant tout visée, mais la santé des banques dites d'investissement. Elles sont avides d'argent gratuit pour spéculer, le jeu consiste à leur en donner sans mettre trop à mal la vraie économie.

  • M7210200 le vendredi 27 juil 2012 à 15:55

    faut vous le dire combien de fois !!!!!!!!!!!! les QE n'ont pas effet sur l'eco reelle voir qe 1 et 2