L'économie japonaise cale, doutes sur Abe et la BoJ

le , mis à jour à 09:09
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    * Hausse de 0,2% du PIB en rythme annualisé, contre +0,7% 
attendu 
    * Hausse de 0,2% de la consommation privée 
    * Baisse de 0,4% de l'investissement 
    * La demande extérieure a pesé sur la croissance 
 
 (Actualisé avec précisions, contexte, commentaire) 
    par Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto 
    TOKYO, 15 août (Reuters) - La croissance japonaise, après un 
bon début d'année, a fortement ralenti au deuxième trimestre, 
pénalisée par la faiblesse des exportations et de 
l'investissement, ce qui fait peser sur le Premier ministre 
Shinzo Abe comme sur la Banque du Japon une pression accrue pour 
trouver des mesures capables de favoriser une croissance 
durable. 
    Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a progressé de 0,2% 
en rythme annualisé sur la période avril-juin, montrent les 
statistiques publiées lundi par le gouvernement, alors que les 
économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une 
expansion de 0,7% après celle de 2,0% de janvier-mars.  
    Ce chiffre illustre les difficultés auxquelles restent 
confrontées les autorités politiques et monétaires japonaises 
pour tenter de rompre avec deux décennies de déflation, les 
effets des "Abenomics", les politiques de relance initiées par 
Shinzo Abe, semblant s'atténuer. 
    "Globalement on dirait que l'économie est en stagnation. Les 
dépenses de consommation sont faibles, à cause des bas progrès 
des salaires. Il y a beaucoup d'incertitude quant aux économies 
extérieures, et cela entame les dépenses en capital", a dit 
Norio Miyagawa, économiste senior de Mizuho Securities. 
    "Le gouvernement a déjà annoncé un important plan de 
soutien, donc la question suivante, c'est de savoir comment la 
Banque du Japon va réagir au terme de la revue détaillée de sa 
politique, qui va probablement déboucher sur un report de son 
objectif d'inflation." 
    Sur une base trimestrielle, le PIB a stagné sur avril-juin, 
quand les économistes anticipaient une croissance de 0,2%. 
    La consommation privée, qui représente environ 60% du PIB, a 
augmenté de 0,2%, un chiffre conforme aux attentes mais qui 
marque un ralentissement après la hausse de 0,7% de 
janvier-mars. 
     
    L'INVESTISSEMENT À LA TRAÎNE 
    Les investissements ont diminué de 0,4% après une baisse de 
0,7% sur les trois premiers mois de l'année, ce qui suggère que 
les incertitudes sur l'économie mondiale et la faiblesse du 
marché intérieur dissuadent les entreprises d'engager de 
nouveaux plans d'investissement. 
    La demande étrangère a amputé la croissance du PIB de 0,3 
point, une première en quatre trimestres, signe que la faiblesse 
de la croissance mondiale handicape désormais une économie 
nippone dont l'exportation a longtemps été le principal moteur. 
    Plus positif, l'investissement dans le logement a bondi de 
5%, le chiffre le plus élevé enregistré depuis 2011, grâce entre 
autres à la politique monétaire ultra-accommodante de la Banque 
du Japon, qui a fait baisser les taux du crédit, a déclaré un 
responsable du secrétariat général du gouvernement. 
    Pour Mari Iwashita, chef économiste de SMBC Friend 
Securities, "globalement, seuls la dépense publique et 
l'investissement immobilier tirent l'économie vers le haut, 
alors que les autres composantes restent faibles". 
    Le gouvernement Abe a annoncé au début du mois un plan de 
relance de 13.500 milliards de yens (environ 118 milliards 
d'euros), censé contrer les effets du ralentissement mondial et 
favoriser la reprise.   
    La Banque du Japon (BoJ), de son côté, a augmenté ses achats 
d'actifs mais elle est pressée de prendre de nouvelles 
initiatives le mois prochain au terme de l'examen approfondi de 
sa politique monétaire.  
    Certains analystes s'interrogent toutefois sur les marges de 
manoeuvre d'une banque centrale qui détient déjà à elle seule un 
tiers du marché des emprunts d'Etat japonais sans que ses 
politiques aient fait la preuve de leur efficacité en matière de 
soutien à la croissance ou à l'inflation, qui baisse et reste 
loin de l'objectif de 2% visé par la BoJ.  
    Tableaux détaillés publiés par le gouvernement: 
    http://www.esri.cao.go.jp/en/sna/sokuhou/sokuhou_top.html 
     
 
 (Leika Kihara, Tetsushi Kajimoto, Stanley White; Julie Carriat 
pour le service français) 
 
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