L'économie irlandaise se contracte malgré les exportations

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L'ÉCONOMIE IRLANDAISE S'EST CONTRACTÉE AU 1ER TRIMESTRE
L'ÉCONOMIE IRLANDAISE S'EST CONTRACTÉE AU 1ER TRIMESTRE

par Padraic Halpin et Conor Humphries

DUBLIN (Reuters) - L'économie irlandaise s'est contractée de 1,1% au premier trimestre de cette année mais la progression des exportations, qui résistent au ralentissement économique mondial, permet à Dublin d'espérer continuer à dépasser les objectifs fixés par son plan d'aide.

La croissance de l'ensemble de l'année 2011 a été revue en forte hausse, à 1,4% contre 0,7%, a confirmé le Bureau central des statistiques (CSO), qui avait publié par inadvertance ces chiffres mercredi soir sur son site internet avant de les retirer.

Les économistes interrogés par Reuters cette semaine prévoyaient une hausse de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) sur le trimestre janvier-mars par rapport au précédent.

Malgré la stagnation de l'activité chez les principaux partenaires commerciaux de l'Irlande, les exportations ont augmenté de 2,6% d'un trimestre sur l'autre et de 5% sur l'ensemble de 2011.

Le commerce extérieur a toutefois eu une contribution négative au PIB sur janvier-mars en raison de la progression des importations, que le CSO explique principalement par des achats d'avions.

"Le recul du PIB au premier trimestre n'est pas trop inquiétant, l'élément important est que les exportations restent solides", estime Conall McCoille, économiste chez Davy Stockbrokers.

"Globalement, la publication de ces chiffres est plutôt une bonne nouvelle pour l'économie irlandaise."

Les statistiques du quatrième trimestre 2011 montrent désormais une croissance de 0,7% au lieu de la baisse de 0,2% du PIB annoncée initialement.

Si la contraction de l'économie irlandaise a été plus forte que celle de l'Italie, de l'Espagne ou du Portugal au premier trimestre, l'Irlande devrait néanmoins être le seul de ces pays à connaître une croissance positive cette année, selon la Commission européenne.

Mais Dublin a besoin d'une croissance de 2 à 3% dès 2013 pour alléger une dette qui pourrait approcher à ce moment-là 120% du PIB, limite jugée intenable par les marchés.

DEMANDE INTÉRIEURE EN PANNE

Le ministre des Finances, Michael Noonan, s'est félicité des chiffres du PIB et a réaffirmé que son pays tiendrait cette année ses objectifs budgétaires.

Il a souligné que l'Irlande avait passé avec succès une nouvelle évaluation dans le cadre du plan de sauvetage de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) et que les recettes fiscales continuaient de croître.

"Ces données conjuguées montrent que l'on est sur la bonne voie pour respecter l'objectif 2012 d'un déficit à 8,6% (du PIB). Toutefois, des défis importants demeurent, notamment le niveau inacceptable du chômage, qui reflète l'ampleur de notre tâche", a-t-il dit.

Dans un entretien publié jeudi par le Financial Times, il a expliqué que l'Irlande pourrait tenter dès mars prochain un retour sur le marché de la dette à long terme en lançant une émission obligataire à dix ans.

Dublin a effectué avec succès la semaine dernière son retour sur les marchés de la dette à court terme.

La révision à la hausse de la croissance en 2011 a de ce point de vue allégé un peu la pression qui pèse sur Dublin, selon Conall McCoille, qui évalue le ratio dette/PIB à 106,5% l'an dernier au lieu des 108,2% attendus.

Mais les exportations ne suffiront pas à elles seules à redresser la barre d'une économie plombée par les niveaux élevés d'endettement personnel et un programme d'austérité qui devrait durer encore au moins trois ans, font remarquer les experts.

La consommation a chuté de 2,1% au premier trimestre, ce qui, combiné à la hausse du chômage à un niveau record depuis le début de la crise (14,8%), n'augure pas de trimestres radieux pour l'économie irlandaise.

"Il faut une amélioration de la demande intérieure et il n'y a aucune indication qu'elle soit dans l'air", souligne Dermot O'Leary, économiste chez Goodbody Stockbrokers.

"La consommation continue à diminuer, l'emploi se contracte et les niveaux d'épargne devraient rester élevés jusqu'à l'an prochain. La tendance dessinée par les statistiques du premier trimestre laisse penser que le déclin de la demande intérieure va se poursuivre au moins jusqu'en 2013."

Tangi Salaün pour le service français, édité par Marc Angrand

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