L'économie grecque toujours malade à l'approche des élections

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par George Georgiopoulos et John Stonestreet ATHENES, 9 septembre (Reuters) - L'embellie du premier semestre devrait n'être qu'une parenthèse pour l'économie grecque, engluée dans la déflation, affaiblie par la contraction de sa base industrielle et contrainte par les conditions budgétaires associées au sauvetage financier du pays. Ce sombre tableau constitue l'arrière-plan de la campagne pour les élections législatives du 20 septembre, qui s'annoncent très serrées. Premier ministre sortant et chef de file de la gauche radicale, Alexis Tsipras promet de se battre pour améliorer les termes de l'accord qu'il dit avoir accepté à contre-coeur en juillet pour obtenir une troisième aide financière et éviter à la Grèce la faillite, voire une sortie de la zone euro. Son principal adversaire, le conservateur Vangelis Meimarakis, de Nouvelle Démocratie, l'accuse pour sa part d'avoir replongé le pays dans la récession par sa mauvaise gestion, des attaques qui lui ont permis d'augmenter sa cote de popularité au détriment de l'ancien Premier ministre. Les deux hommes sont au coude-à-coude dans les sondages et les électeurs, frappés par un chômage de masse et des salaires qui n'ont jamais été aussi faibles en 14 ans, ne semblent guère nourrir d'illusions sur l'avenir. "Je ne m'attends à aucun soulagement à court terme, quel que soit le résultat", dit Costas Mallatos, 42 ans, employé dans une compagnie d'assurance à Athènes. "Je serai toujours accablé par les impôts que je paie mais je crains que le chômage augmente. Les employeurs essaient de réduire les coûts, c'est ainsi qu'est la vie avec les plans d'aide financière." L'économie grecque a connu une croissance de 0,9% au deuxième trimestre avec la hausse des dépenses des ménages et des exportations. L'INDICE DES SALAIRES AU PLUS BAS DEPUIS 2001 Les économistes prédisent cependant une prochaine contraction du produit intérieur brut (PIB). "Nous nous attendons à ce que l'économie se contracte (cette année) d'un peu moins de 2,0%", dit Angelos Tsakanikas, économiste au sein du groupe de réflexion IOBE. Les indicateurs économiques publiés mercredi vont dans le sens de cette prédiction avec un deuxième mois consécutif de baisse de la production industrielle en juillet et un 30e mois consécutif de déflation, sur un an, en août. Deux facteurs récents devraient contribuer à freiner la croissance: un contrôle des capitaux a été imposé en juillet durant les difficiles négociations entre la Grèce et ses partenaires européens tandis que la nouvelle aide de 86 milliards d'euros sur laquelle elles ont finalement débouché doit s'accompagner d'un alourdissement de la fiscalité et d'une réduction de certaines dépenses publiques. "La consommation des ménages a été le principal moteur de la croissance au deuxième trimestre, soutenue par le tourisme (...) Il y a aussi eu des dépenses sporadiques motivées par la crainte d'une baisse de la valeur des dépôts liée à un éventuel Grexit", souligne Angelos Tsakanikas. La crainte d'un abandon de l'euro et d'une perte soudaine de la valeur de leur épargne étant au moins provisoirement écartée, les Grecs devraient à nouveau maîtriser leurs dépenses, d'autant que les salaires baissent. L'indice grec des salaires a ainsi chuté à 85,2 au deuxième trimestre, son plus bas niveau depuis le même trimestre de 2001, selon les statistiques officielles publiées mardi. Après une croissance infime au troisième trimestre, Angelos Tsakanikas s'attend à un recul du PIB au quatrième trimestre, ce qui pourrait annoncer un retour en récession après celle de 2008-2014 et un maintien du chômage à des niveaux élevés alors que, à 25% en mai, il est déjà le plus fort d'Europe. "Il n'y a pas de création d'emplois (...) Le taux de chômage va monter après la dissipation de l'effet saisonnier produit par le tourisme", prédit Angelos Tsakanikas, qui annonce un taux de chômage à 28%, soit un dixième de point au-dessus du record atteint en septembre 2013. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)

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