L'économie française menacée de récession fin 2012

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LA BDF ANTICIPE UNE BAISSE DE 0,1% DU PIB AU 4E TRIMESTRE
LA BDF ANTICIPE UNE BAISSE DE 0,1% DU PIB AU 4E TRIMESTRE

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - L'économie française risque de finir l'année 2012 en légère récession, ce qui augurerait mal de 2013 et de la capacité du gouvernement à tenir ses objectifs de déficits publics.

La Banque de France a publié vendredi sa première estimation pour le produit intérieur brut (PIB) du quatrième trimestre, qu'elle anticipe en repli de 0,1%, soit au même niveau de ses prévisions antérieures pour le troisième trimestre.

Si cela devait s'avérer, l'économie française, qui reste sur trois trimestres de croissance nulle, finirait l'année en légère récession là où l'Insee la voit jusqu'ici stagner.

Les annonces en parallèle d'une chute de 2,7% de la production industrielle en septembre ) et d'une forte révision à la baisse des projets d'investissement des entreprises pour 2012 sont venues conforter le pronostic de la Banque de France pour la fin de l'année.

Une petite différence pourrait apparaître sur le seul troisième trimestre, dont les chiffres préliminaires seront publiés le 15 novembre, grâce à un début d'été plus favorable pour la consommation des ménages et la production industrielle.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a laissé entendre fin octobre, que la croissance pourrait avoir été "très légèrement positive" sur la période.

"Le PIB du 3e trimestre ne sera pas si mauvais. Moscovici l'a dit, il doit avoir une idée de la chose", déclare Jean-Christophe Caffert, économiste France chez Natixis. "Par contre, derrière, on partage ce que disent les indicateurs avancés de la Banque de France, à savoir qu'on devrait avoir une croissance légèrement négative au quatrième trimestre".

L'INVESTISSEMENT EN BERNE

Pour Michel Martinez, économiste France à la Société générale, l'ensemble des enquêtes menées auprès des entreprises "pointent aujourd'hui dans le sens d'un très net ralentissement de l'activité économique et donc une légère récession."

"C'est une récession que je vois modérée, très modérée", dit-il, "ça n'a rien à voir avec les chiffres qu'on observe en Italie ou en Espagne".

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui s'exprimait à Lyon, a estimé pour sa part que l'économie française était "plate dans un monde qui est en ralentissement fort", mais pas en situation de récession.

Nicolas Bouzou, du cabinet d'analyse Asterès, relève plus particulièrement dans la production industrielle la baisse des biens d'équipement. "Cela veut dire que l'investissement des entreprises diminue. Cela veut dire que les entreprises n'ont pas de perspectives sur leur carnet de commandes ou, si elle en ont, qu'elle sont mauvaises".

De fait, la dernière enquête de l'Insee sur leurs prévisions d'investissement se traduit par une forte révision à la baisse de la progression attendue pour 2012, qui n'est plus que de 1% alors qu'elle était encore de 5% en juillet, ce qui signifierait un recul sur le deuxième semestre.

Interrogés pour la première fois sur 2013, les chefs d'entreprises y anticipent une baisse de 2% de leurs investissements, signe qu'ils n'abordent pas l'année à venir avec confiance.

UN PEU D'AIR GRÂCE AU PACTE ?

Les économistes n'excluent pas que le plan de compétitivité de 20 milliards d'euros que vient d'annoncer le gouvernement puisse avoir un certain impact, même si sa mise en oeuvre ne commencera vraiment qu'en 2014.

"Il devrait donner un peu d'air aux entreprises en matière de financement", dit Jean-Christophe Gaffet. "Mais c'est une chose de donner un peu d'air, c'en est une autre de déclencher l'investissement alors que les carnets de commandes restent absolument déprimés".

Dans ces conditions, il voit mal comment la prévision de croissance de 0,8% retenue par le gouvernement dans son projet de budget 2013, qui sous-tend l'objectif de déficits publics ramenés à 3% du PIB contre 4,4% fin 2012, pourra être atteinte.

A l'image du FMI, la Commission européenne a estimé cette semaine que les déficits publics français se situeraient à 3,5% du PIB fin 2013, sur la base d'une croissance de 0,4%. Plus pessimiste, Natixis anticipe un recul de 0,4% du PIB, alors que le dernier consensus Reuters des économistes est à +0,3%.

Mais pour le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, le gouvernement a raison de garder cet objectif de 3% de déficits, pour une question de crédibilité. "Si le regard des investisseurs du monde entier changeait sur la France, nos taux d'intérêt remonteraient et l'Etat serait obligé de faire des efforts encore plus grands", a-t-il dit dans une interview aux journaux du groupe Ebra.

Avec Vicky Buffery, Jean-Baptiste Vey et Marc Joanny, édité par Yves Clarisse

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  • wikus le vendredi 9 nov 2012 à 15:34

    et oui avec noel qui arrive, les français seront généreux et ils achèteront des jouets made in china, et c'est encore l'économie chinoise qui s'en sortira bien mieux que l'économie française. Comme disait le Général De Gaulle, les français sont des veaux !

  • abacchia le vendredi 9 nov 2012 à 15:31

    Voyons si les entreprises anticiperont en 2013 la "buffée d'air") prévue à compter de 2014. Pour 2012, c'est plié, mais tout le monde (financier) s'en moque, tous les yeux sont déjà rivés sur 2013, et c'est tant mieux, parce que sinon, tout le monde s'apercevrait que les anticipations des potico-économiques d'il y a 6 mois sont largement dans les choux !

  • contava4 le vendredi 9 nov 2012 à 15:12

    mais non françois 2 le sauveur est là...lol

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