L'économie de la zone euro retrouve son niveau d'avant la crise

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    * PIB +0,6% au T1 (consensus: +0,4%) 
    * Le PIB dépasse de nouveau son niveau de 2008 
    * Baisse du taux de chômage à 10,2% 
    * L'inflation redevient négative 
    * Graphique du PIB de la zone euro: http://link.reuters.com/duf34w 
 
    par Balazs Koranyi et Jan Strupczewski 
    BRUXELLES/BERLIN, 29 avril (Reuters) - Après plus de sept 
ans de crise et de performances économiques médiocres, la zone 
euro a connu au premier trimestre son rythme de croissance le 
plus soutenu depuis 2011, grâce au dynamisme de pays qui n'ont 
pourtant pas la réputation d'être des moteurs économiques, la 
France et l'Espagne entre autres. 
    Le produit intérieur brut (PIB) de la région, c'est la dire 
la richesse créée par ses 19 pays membres, a en outre atteint un 
niveau supérieur à son point culminant antérieur à la crise.  
    Dépassant à la fois la Grande-Bretagne - qui pâtit de 
l'hypothèque d'une éventuelle sortie de l'Union européenne (UE) 
- et les Etats-Unis, la zone euro peut se prévaloir d'une 
croissance doublée par rapport au quatrième trimestre 2015. La 
performance de janvier-mars surpasse même la plus optimiste des 
prévisions, grâce à une solide consommation des ménages et à une 
reprise de l'investissement. 
    Les premiers chiffres de la croissance en France et en 
Espagne ont eux aussi dépassé les attentes, le PIB français 
affichant une hausse de 0,5% et l'espagnol une progression de 
0,8%.     
    Mais la zone euro n'en a pas pour autant terminé avec les 
difficultés, puisqu'elle est par ailleurs retombée en déflation 
au mois d'avril. En outre, le poids de la dette publique, la 
faible rentabilité du secteur bancaire, la persistance d'un 
chômage élevé et l'ampleur des capacités de production 
excédentaires constituent autant de risques pour la reprise.  
    La croissance des 19 pays qui partagent l'euro a été de 0,6% 
au premier trimestre, en première estimation et par rapport au 
trimestre précédent, au-delà d'un consensus qui la donnait à 
0,4% et mieux que la Grande-Bretagne (0,4%). 
    Les Etats-Unis ont quant à eux dégagé une croissance 
annualisée de 0,5% au premier trimestre, soit un peu plus de 
0,12% seulement en variation trimestrielle. La croissance de la 
zone euro ressort à 1,6% en rythme annuel. 
    "Les premiers mois de l'année ont été troublés, avec de 
forts reculs des Bourse, des inquiétudes pour la croissance aux 
Etats-Unis, en Chine et dans de nombreux pays émergents et une 
confiance en berne chez les entreprises et les ménages", observe 
l'économiste Bert Colijn, d'ING.  
     
    LES PRIX CONTINUENT DE BAISSER 
    "Il est évident que les entreprises et les ménages ne se 
sont pas laissés aller à la déprime. La vigueur de l'économie 
intérieure de la zone euro est la clé de la croissance 
économique en ce moment et cela s'explique principalement par 
l'amélioration du marché de l'emploi". 
    Le chômage reste élevé dans la zone euro mais son taux a 
diminué à 10,2% en mars contre 10,4% en février, au plus bas 
depuis quatre ans, et la situation s'est particulièrement 
améliorée en particulier en Espagne. 
    Mais pour ce qui concerne l'inflation, les nouvelles sont 
moins bonnes. La zone euro est retombée en déflation en avril, 
de quoi préoccuper un peu plus la Banque centrale européenne 
(BCE). 
    Les prix de détail ont baissé de 0,2% par rapport à avril 
2015 après avoir stagné en mars. La BCE a pour un objectif un 
taux d'inflation d'un petit peu moins de 2% et a pris en 
décembre et en mars des mesures de stimulation monétaire pour 
progresser vers ledit objectif. 
    L'inflation considérée hors prix énergétiques et 
alimentaires a elle aussi fléchi, ce qui est peut-être encore 
plus préoccupant pour la BCE car cela pourrait impliquer que la 
tendance déflationniste des prix de l'énergie se diffuse dans 
les autres catégories de biens et dans les services. 
    La BCE est particulièrement inquiète de ces effets dits de 
"second tour" parce que, s'ils venaient à se propager aux 
salaires, il deviendrait extrêmement ardu de rompre le cycle 
déflationniste. 
    Pourtant, Peter Praet, économiste en chef et membre du 
directoire de la BCE, a estimé vendredi qu'il faudrait que les 
perspectives d'inflation se détériorent de manière significative 
pour que la BCE décide d'une nouvelle baisse des taux 
d'intérêt.  
    Malgré ces incertitudes, le deuxième trimestre semble avoir 
débuté sur une note favorable: le sentiment économique s'est 
amélioré plus que prévu en avril dans tous les secteurs 
économiques et chez les ménages.   
    Les données provisoires des enquêtes auprès des directeurs 
d'achats et l'indice allemand Ifo du climat des affaires laisse 
penser que les entreprises sont plus optimistes pour l'avenir 
que pour le présent, tandis que la reprise du crédit se 
poursuit, bien qu'à un rythme encore modéré.   
    La croissance de la zone euro pourrait également s'appuyer 
sur les achats par la BCE d'obligations émises par les 
entreprises et sur de nouvelles opérations de financement à très 
long terme et à bas coût. 
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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