L'économie britannique échappe à la récession

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HAUSSE DE 0,3% DU PIB BRITANNIQUE AU 1ER TRIMESTRE
HAUSSE DE 0,3% DU PIB BRITANNIQUE AU 1ER TRIMESTRE

par David Milliken et William Schomberg

LONDRES (Reuters) - L'économie britannique à échappé à sa troisième récession en moins de cinq ans et sa croissance a même surpassé les attentes au premier trimestre, un motif de soulagement bienvenu pour le gouvernement de David Cameron.

Le produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni a augmenté de 0,3% sur janvier-mars par rapport aux trois derniers mois de 2012, durant lesquels il s'était contracté d'autant, montre la première estimation publiée jeudi par l'Office national de la statistique (ONS).

Les économistes prévoyaient en moyenne une hausse de 0,1% seulement.

En rythme annuel, la croissance ressort à 0,6%, sa meilleure performance depuis la fin 2011.

La Grande-Bretagne est, chaque trimestre, l'un des premiers grands pays avancés à publier l'estimation de son PIB et ses chiffres sont généralement révisés, mais il est rare que cette révision aboutisse à une inversion de tendance.

La croissance du premier trimestre a été tirée par les services et par un rebond de la production de gaz et de pétrole en mer du Nord.

Une rechute en récession aurait été évidemment malvenue pour le ministre des Finances George Osborne, moins d'une semaine après la dégradation de la note souveraine du Royaume-Uni par Fitch, la deuxième agence de notation à priver Londres de son "triple A" après Moody's il y a deux mois.

La livre sterling s'appréciait après les chiffres de l'ONS, au plus haut depuis deux mois face au dollar, tandis que les cours des emprunts d'Etat refluaient.

Le chancelier de l'Echiquier a réaffirmé récemment sa volonté de ramener le budget à l'équilibre d'ici cinq ans en pariant sur une reprise économique assez rapide pour favoriser son camp lors des élections de mai 2015.

"UN SIGNE ENCOURAGEANT", DIT OSBORNE

La croissance britannique ne devrait toutefois pas dépasser 0,6% cette année et le Fonds monétaire international (FMI), longtemps soutien de la politique de réduction des déficits du gouvernement, a estimé récemment que certaines mesures d'austérité pourraient être retardées pour ne pas pénaliser la demande.

Une mission du FMI est attendue à Londres le mois prochain pour évaluer la situation économique et elle pourrait recommander une inflexion de la politique budgétaire.

Jeudi, George Osborne a salué la première estimation de la croissance, qu'il perçoit comme "un signe encourageant de guérison de l'économie".

Les économistes, eux, sont moins enthousiastes, certains allant jusqu'à évoquer un risque de stagnation durable de l'économie britannique comparable à celle dont souffre le Japon depuis plus de dix ans.

"L'économie semble se porter un peu mieux que ne le laissaient présager les principales enquêtes mais elle est loin d'être en parfaite santé pour l'instant. Nous nous attendons encore à quelques trimestres décevants avant que le Royaume-Uni ne renoue avec une croissance solide", a commenté Rob Wood, économiste de Berenberg Bank.

Le PIB britannique reste inférieur de 2,6% à son pic du premier trimestre 2008 et même en prenant en compte les chiffres publiés jeudi, il a stagné ces 18 derniers mois.

L'économie du Royaume-Uni a été plus lente à se remettre de la crise financière que d'autres grandes économies avancées, souffrant à la fois de la faiblesse de la demande émanant de la zone euro, de l'impact des mesures d'austérité budgétaire et du niveau élevé de l'inflation, en dépit de la frugalité des hausses de salaires.

Pour tenter de soutenir l'activité, le gouvernement et la Banque d'Angleterre ont annoncé mercredi la prolongation jusqu'au début 2015 du dispositif "Funding for Lending", censé inciter les banques à accorder des crédits aux petites et moyennes entreprises mais dont les résultats sont jusqu'à présent restés mitigés.

David Milliken et William Schomberg; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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