L'économie britannique continue d'ignorer royalement le Brexit

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    * Croissance de 0,6% au T4, supérieure au consensus 
    * La consommation reste le moteur de l'économie 
    * La perspective du Brexit devrait finir par peser sur 
l'activité 
 
 (Actualisé avec précisions et réactions) 
    par David Milliken et William Schomberg 
    LONDRES, 26 janvier (Reuters) - L'économie britannique a de 
nouveau déjoué les pronostics au quatrième trimestre, évitant 
une fois de plus le ralentissement prédit après le vote du 23 
juin pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, grâce 
au dynamisme de la consommation des ménages. 
    Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,6% sur les 
trois derniers mois de l'année, montre jeudi la première 
estimation de l'Office national de la statistique (ONS), alors 
que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en 
moyenne une hausse de 0,5% seulement et que certains 
n'attendaient que 0,3%. 
    "C'est clair: la vie continue malgré le vote du Brexit", a 
commenté Alan Clarke, économiste de Scotiabank. 
    La livre sterling a atteint son plus haut niveau depuis 
trois semaines face à l'euro  EURGBP=  après les chiffres de 
l'ONS et le rendement des obligations d'Etat britanniques à dix 
ans  GB10YT=RR  a touché un pic de six semaines.  
    Après le référendum de juin, nombre d'économistes 
s'attendaient à ce que le Royaume-Uni sombre dans la récession 
en raison des incertitudes créées par la perspective de la 
sortie de l'UE.  
    Mais l'ONS explique jeudi que sur l'ensemble de 2016, la 
croissance n'a que légèrement ralenti, à 2,0% après 2,2% en 
2015, une baisse qui, de surcroît, est due principalement aux 
mauvaises performances du premier trimestre, avant le vote sur 
le Brexit. 
    L'année 2017 s'annonce moins favorable: la chute de près de 
20% de la livre sterling face au dollar s'est traduite par une 
augmentation des coûts pour les entreprises et des prix pour les 
consommateurs, ce qui devrait finir par peser sur la rentabilité 
des premières et les dépenses des seconds. 
    En novembre, la Banque d'Angleterre a dit prévoir un 
ralentissement de la croissance à 1,4% en 2017, même si elle est 
susceptible de revoir son jugement dans ses nouvelles 
prévisions, attendues la semaine prochaine.  
     
    2017 S'ANNONCE MOINS FAVORABLE 
    Quoi qu'il en soit, la Grande-Bretagne peut se targuer de 
l'une des croissances les plus dynamiques des grandes économies 
avancées en 2016 et les indicateurs suggèrent pour l'instant que 
les premiers mois de 2017 resteront solides.  
    L'organisation patronale Confederation of British Industry a 
par exemple fait état mercredi de commandes solides dans le 
secteur manufacturier en janvier. 
    Sur un an, la croissance britannique a dépassé celle de 
l'Allemagne, estimée à 1,9% pour 2016. 
    Certains observateurs, et notamment la Banque d'Angleterre, 
s'inquiètent néanmoins du poids déterminant de la consommation 
des ménages dans la croissance globale, une dépendance 
préoccupante à leurs yeux dans un contexte de hausse des prix.  
    "La dynamique à court terme du PIB ne devrait pas conduire 
le Comité de politique monétaire à revoir son pronostic d'un 
ralentissement de l'économie en raison du vote du Brexit", a 
estimé Samuel Tombs, de Pantheon Macroeconomics, dans une note à 
ses clients. 
    Au quatrième trimestre, l'activité du secteur des services - 
le plus dépendant de l'évolution de la consommation - a crû de 
0,8% alors que la production industrielle stagnait et que la 
construction     croissait de 0,1%. 
    Le ministre de l'Economie, Philip Hammond, a salué la 
capacité de résistance de l'économie, ajoutant que le pays 
entamerait en position de force les négociations sur le Brexit. 
    "Il peut y avoir des incertitudes pendant que nous 
établissons notre nouvelle relation avec l'Europe mais nous 
sommes prêts à saisir les opportunités pour créer une économie 
compétitive qui profite à tout le monde", a-t-il dit.  
    Le ton est logiquement différent du côté de la Commission 
européenne: pour Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires 
économiques et monétaires, "l'incertitude aura un impact plus 
tangible sur l'économie britannique en 2017 et 2018", a-t-il 
prédit jeudi lors d'une conférence à Bruxelles. 
    Il a toutefois reconnu que la Grande-Bretagne avait réagi 
mieux que prévu au vote du 23 juin.  
    Tableau   
    Les indicateurs britanniques en temps réel  ECONGB  
     
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
 

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