L'économie allemande montre des signes de reprise

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L'ÉCONOMIE ALLEMANDE MONTRE DES SIGNES DE REPRISE
L'ÉCONOMIE ALLEMANDE MONTRE DES SIGNES DE REPRISE

MUNICH/BERLIN (Reuters) - L'Allemagne semble sortir la tête de l'eau au vu d'une série d'indicateurs de conjoncture publiés vendredi après un premier trimestre où la première puissance économique d'Europe avait été rattrapée par la crise de ses partenaires de la zone euro.

Une nette amélioration du climat des affaires et du moral du consommateur laissent espérer une accélération à venir de la croissance, qui a tout juste réussi à atteindre 0,1% au premier trimestre grâce à la reprise de la consommation des ménages.

"Le climat des affaires se reprend, le moral des consommateurs s'améliore et l'Allemagne échappe de justesse à une nouvelle récession", note David Brown de New Vieu Economics.

Selon l'économiste de l'institut Ifo Klaus Wohlrabe, la croissance outre-Rhin devrait s'accentuer considérablement au deuxième trimestre, à la faveur d'une "énorme" reprise de la construction après son recul de 2,1% au premier trimestre.

L'institut basé à Munich a annoncé un net rebond de son indice du climat des affaires en mai - à 105,7 contre 104,4 en avril - après deux mois de baisse d'affilée. Ce chiffre, fondé sur une enquête auprès de 7.000 entreprises, est également bien supérieur aux attentes du marché, qui tablait sur 104,5.

LE CONSOMMATEUR: MOTEUR DE LA CROISSANCE

L'indicateur est tombé juste après l'annonce par le cabinet d'étude GfK d'une nouvelle amélioration du moral du consommateur allemand en juin, à son plus haut niveau depuis octobre 2007.

L'indice GfK, qui est ressorti à 6,5 contre 6,2 en mai alors que les économistes tablaient sur une stagnation, confirme le rôle moteur de la consommation des ménages dans la reprise.

"Un niveau d'emploi élevé, de bons accords de hausses des salaires et une inflation en baisse soutiennent le moral", a précise GfK, ajoutant que la politique monétaire accommodante dans la zone euro favorisait également la demande.

"La faible tendance à l'épargne, qui a atteint des plus bas record en mai, y contribue aussi. Cela s'explique probablement par la décision de la Banque centrale européenne de baisser à nouveau ses taux d'intérêt afin de relancer la croissance."

L'économiste de l'institut Ifo estime toutefois que la baisse du taux de la BCE à son plus bas niveau historique, de 0,50%, n'a eu, au mieux, qu'un impact psychologique.

Au premier trimestre, la consommation des ménages, en hausse de 0,8%, a permis à l'économie allemande de réaliser une légère croissance, de 0,1%, ayant compensé la baisse des exportations, qui ont diminué de 1,8% sur la période, et des investissements, a annoncé vendredi le Bureau fédéral des statistiques.

Les importations ont toutefois baissé encore plus que les exportations, de 2,1%, reflet d'une économie encore fragile affectée par une zone euro qui s'enfonce dans la récession.

Cette série d'indicateurs encourageants, qui ont freiné les anticipations de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire de la part de la BCE, ont entrainé l'euro en hausse. Les Bourses européennes, qui regagnaient un peu de terrain après leur chute de la veille, étaient repassées dans le rouge à mi-séance.

L'économie allemande, qui a bien résisté dans un premier temps à la crise en zone euro avant de commencer à s'essouffler à la fin de l'an dernier, ne figure pas encore en haut de l'agenda des élections de septembre outre-Rhin.

Mais si la conjoncture se dégradait encore, il pourrait s'avérer difficile pour la Chancelière Angela Merkel de briguer un troisième mandat.

Son gouvernement table sur une croissance de 0,5% en 2013.

Sarah Marsh, Christian Hetzner, Joern Poltz, Juliette Rouillon pour le service français

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