L'économie allemande fait moins bien que prévu en 2013

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LA CROISSANCE ALLEMANDE
LA CROISSANCE ALLEMANDE

BERLIN (Reuters) - La croissance de l'économie allemande est tombée à 0,4% en 2013, un chiffre inférieur aux attentes qui constitue sa plus mauvaise performance depuis 2009, la demande intérieure n'ayant pas suffi à compenser l'impact de la crise de la zone euro.

La première estimation du produit intérieur brut (PIB) publiée mercredi par l'Office fédéral des statistiques est plus basse que la moyenne des estimations de 18 économistes interrogés par Reuters, qui ressortait à 0,5%.

"A l'évidence, l'économie allemande a souffert de la poursuite de la récession dans certains pays européens et de la croissance limitée de l'économie mondiale. La forte demande intérieure n'a pu compenser ces facteurs que de manière limitée", a déclaré Roderich Egeler, le directeur de l'Office, lors d'une conférence de presse.

La première économie d'Europe avait déjà ralenti en 2012, la croissance tombant à 0,7%, et elle avait évité de justesse une rechute en récession au début de l'an dernier avant de retrouver de la vigueur à partir du deuxième trimestre.

Pour 2014, les économistes prévoient une accélération de l'expansion du PIB qui devrait porter la croissance entre 1,2% et 2,0%, grâce entre autres à la hausse continue de la consommation intérieure et à la reprise attendue de l'investissement des entreprises.

"L'économie allemande tourne à plein régime, et plus seulement à mi-puissance", résume Jörg Krämer, économiste de Commerzbank.

Si l'on exclut 2009, année exceptionnelle durant laquelle le PIB allemand avait chuté de 5,1%, 2013 marque sa plus mauvaise performance depuis 2003, époque à laquelle l'Allemagne était considérée par certains comme "l'homme malade de l'Europe".

La faiblesse de la croissance avait incité le chancelier d'alors, Gerhard Schröder, à engager une série de réformes de l'Etat-providence et du marché du travail sur lesquelles la nouvelle coalition gouvernementale rassemblant chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates prévoit de revenir en partie.

"Nous prévoyons une croissance de 2,2% en 2014. Mais il y a des risques", a déclaré Christian Schulz, économiste de Berenberg, en évoquant la vulnérabilité persistante de l'Allemagne à une éventuelle résurgence de la crise de la zone euro.

Le commerce extérieur, principal moteur de la croissance au cours des trois années précédentes, a représenté en 2013 une contribution négative de 0,3 point. Mais les économistes s'attendent à ce qu'il redevienne un contributeur positif au PIB cette année grâce à l'amélioration de la conjoncture chez les principaux partenaires commerciaux de Berlin.

Sarah Marsh et Alexandra Hudson; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique TisonDépêche en anglais

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  • M7403983 le mercredi 15 jan 2014 à 11:54

    Cela n'est guère étonnant car certains de ses "alliés" tirent dans le dos !! De plus l'alliance SPD risque de mettre à mal la compétitivité ... c'est tout bénéf pour notre pépère !!