L'économie allemande devrait accentuer son cavalier seul

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L'ALLEMAGNE PORTÉE PAR DES INDICATEURS POSITIFS ATTENDUS CETTE SEMAINE
L'ALLEMAGNE PORTÉE PAR DES INDICATEURS POSITIFS ATTENDUS CETTE SEMAINE

par Sarah Marsh

BERLIN (Reuters) - Une batterie d'indicateurs attendus cette semaine en Allemagne devrait conforter l'hypothèse d'un rebond de la première économie de la zone euro, accentuant son avantage sur la France et les pays du sud de l'Europe.

Après avoir résisté pendant deux ans et demi à la crise de la dette dans l'eurozone, l'économie allemande s'est contractée au cours du dernier trimestre 2012, les entreprises retardant leurs investissements et les exportations souffrant de perspectives économiques sombres en Europe et ailleurs.

Les économistes tablent sur un retour modéré de la croissance au premier trimestre 2013, crucial pour entraîner sur la pente ascendante les autres économies de la région.

"Beaucoup d'éléments justifient ce retour de la confiance en Allemagne. Le taux de chômage reste faible et les salaires augmentent, les marchés financiers sont également stables et les taux d'emprunt sont très bas", explique Christian Schulz, analyste à la Berenberg Bank.

Publié vendredi, l'indice Ifo du climat des affaires, l'un des thermomètres de la santé économique allemande, devrait croître pour le cinquième mois consécutif, à 107,6 contre 107,4 en février, selon une enquête effectuée par Reuters auprès de 37 économistes.

Quant à l'indice ZEW du sentiment des investisseurs, attendu mardi, il devrait s'affaisser très légèrement, à 48,0 contre 48,2, en raison peut-être de l'inquiétude provoquée par le blocage institutionnel en Italie, mais demeurer proche de son plus haut niveau en près de trois ans.

L'ÉCART SE CREUSE AVEC LA FRANCE

Les statistiques de l'économie "réelle" - sur la production, les ventes et l'emploi - sont plus mitigées, signe que l'économie, après avoir perdu 0,6% au dernier trimestre 2012, ne rebondira pas aussi fortement que le suggèrent ces indices.

Le chômage, déjà proche de son plus bas niveau pour la période postérieure à la réunification, continue de baisser mais la production industrielle a stagné en janvier et les commandes ont diminué.

La Bundesbank a réaffirmé lundi tabler sur une croissance de 0,4% du PIB en 2013, contrairement à deux instituts d'études qui ont doublé l'an dernier leurs prévisions.

La banque centrale allemande prévoit une stagnation du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 2013, même si "le démarrage hésitant de l'année 2013 ne met en pas question la perspective d'un rebond de l'activité économique".

Faiblement endettée, bénéficiant de taux d'emprunt très bas, l'Allemagne a pu se sortir de la crise de la dette sans effectuer les coupes budgétaires brutales qui minent les économies grecque, espagnole ou portugaise.

S'appuyant sur le dialogue entre partenaires sociaux, les entreprises ont pu réduire les heures de travail sans procéder à de vastes licenciements.

Les indices PMI flash des directeurs d'achat, rendus publics jeudi, devraient témoigner d'une légère augmentation de l'activité dans l'industrie et les services, qui représentent les deux tiers de l'économie.

Cela contraste fortement avec la France, en concurrence avec l'Allemagne et d'autres puissances économiques sur les marchés émergents comme la Chine, la Russie ou l'Inde qui sont devenus les principaux moteurs de la croissance.

Les principaux indices PMI calculés par l'institut Markit montrent que l'écart entre les deux pays n'a jamais été si marqué depuis le lancement de l'euro en 1999.

Christian Schulz prédit que cet écart continuera de croître si la France ne regagne pas en compétitivité. "L'Allemagne a un budget équilibré alors que la France est dans le rouge, ce qui signifie qu'à un certain stade, l'austérité touchera cette dernière et pèsera un peu plus sur la croissance", dit-il.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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