L'économie allemande accélère, selon l'indice l'Ifo

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par Annika Breidthardt

BERLIN (Reuters) - Les entreprises allemandes n'ont jamais eu un moral aussi élevé depuis sept mois, montre l'indice Ifo de février, et il semble que la première économie européenne s'épargnera une récession même si ses partenaires de la zone euro se serrent la ceinture pour surmonter la crise de la dette de la zone euro.

L'indice du climat des affaires de l'institut munichois Ifo est ressorti à 109,6 en février, alors que les analystes anticipaient 108,8, après 108,3 en janvier. L'indice Ifo, qui en est à son quatrième mois de hausse d'affilée, n'avait pas atteint un tel niveau depuis juillet.

Combiné à d'autres éléments, cet indicateur laisse penser que Berlin évitera au moins une contraction du PIB au premier trimestre. La Commission européenne anticipe à présent un recul du PIB pour l'ensemble de la zone euro cette année.

L'euro a inscrit un pic de deux mois et demi contre le dollar en réaction aux chiffres de l'Ifo.

"Pour le moment, cela ne ressemble pas à une récession", a déclaré l'économiste de l'Ifo Klaus Abberger à Reuters. "L'économie allemande semble robuste. La situation nationale est particulièrement stable" a-t-il poursuivi.

Il a toutefois mis en garde contre les risques qui demeurent, en raison notamment de la persistance de la crise de la dette souveraine dans laquelle la zone euro s'enlise depuis deux ans et aussi des prix pétroliers élevés.

L'économie allemande s'est contractée au dernier trimestre 2011, conséquence de la crise grecque, mais les indicateurs laissent présager un renversement de situation et les économistes projettent maintenant une stagnation du PIB au premier trimestre 2012 et une reprise de croissance à partir du trimestre suivant.

L'Allemagne s'éloignerait ainsi de la récession, définie techniquement comme deux trimestres consécutifs de contraction du PIB, même si l'indice PMI des directeurs d'achats a montré mercredi un ralentissement à la fois dans le secteur manufacturier et dans le privé.

Néanmoins, les investisseurs restent confiants, comme le montre le sous-indice des anticipations, qui ressort à 102,3 contre 100,9 en janvier, tandis que celui des conditions actuelles s'améliore aussi à 117,5 contre 116,3.

"Des fondamentaux économiques solides, les indicateurs récents et, malgré toutes les inquiétudes sur le long terme, l'accord grec de cette semaine sont de bon augure pour, au moins, une stabilisation de l'économie allemande", estime Carsten Brzeski, économiste d'ING.

"L'indice Ifo d'aujourd'hui témoigne à son tour du fait que l'économie allemande a fait une brève halte à la fin de l'année dernière."

"L'évaluation de la situation actuelle s'est améliorée pour la première fois depuis juin, signe qu'une confiance ragaillardie produit peut-être déjà des effets positifs sur l'activité économique", renchérit Christian Schulz (Berenberg Bank).

Nicolas Delame et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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