L'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh relâchée par la police

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DUBAI, 26 octobre (Reuters) - L'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, qui milite pour les droits de l'homme et l'indépendance de la justice, a annoncé dimanche avoir été libérée à l'issue de sept heures de détention après avoir été arrêtée samedi après manifestation. Nasrin Sotoudeh a été interpellée avec plusieurs amis samedi à l'issue d'un sit-in organisé devant les locaux du barreau de Téhéran. Les autres personnes arrêtées avaient été relâchées après une vérification de leurs identités et casiers. "J'ai été détenue pendant sept heures puis libérée", a-t-elle dit par téléphone à Reuters. "Il y avait deux hommes du ministère du Renseignement, qui m'ont vue chacun à leur tour. Je leur ai dit que je ne répondrai à aucune question parce qu'ils n'avaient pas de mandat d'un juge." Nasrin Sotoudeh est devenue une figure connue de l'opposition, lorsqu'elle a été arrêtée pour avoir participé aux manifestations contre la réélection, en 2009, de l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad. Reconnue coupable de complot contre la sécurité nationale, elle avait été condamnée à six ans de prison et trois ans d'interdiction d'exercer. Sa grève de la faim de 50 jours durant son séjour en prison pour protester contre l'interdiction de voyager opposée à sa fille a attiré l'attention et a contribué à la faire libérer, en 2013, à la veille d'une visite aux Nations unies du président tout juste élu, Hassan Rouhani. Le sit-in organisé samedi visait, a-t-elle expliqué, à recouvrer son droit d'exercer mais aussi à militer pour plus de liberté et d'ouverture dans le système judiciaire. Ses interlocuteurs "ont dit ce qu'ils avaient à dire, tantôt menaçant, tantôt essayant de négocier", a-t-elle déclaré. "J'ai, moi aussi, fait part de mes demandes - le droit de travailler, le droit des dissidents à un procès équitable, l'indépendance pour l'Association du barreau. Ils ont fini par promettre d'en faire part aux autorités." D'autres avocats ont déjà dit s'inquiéter des tentatives du parlement et des institutions judiciaires, tenus par les conservateurs, de remettre en cause l'indépendance de leurs associations pour, in fine, restreindre les libertés sociales et d'expression. (Mehrdad Balali, Gregory Blachier pour le service français)

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