L'avocate d'Aurore Martin conteste les choix du juge espagnol

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L'AVOCATE D'AURORE MARTIN CONTESTE LES DÉCISIONS DU JUGE ESPAGNOL
L'AVOCATE D'AURORE MARTIN CONTESTE LES DÉCISIONS DU JUGE ESPAGNOL

BORDEAUX (Reuters) - Le juge d'instruction espagnol qui a inculpé et placé en détention Aurore Martin a violé les conditions d'application du mandat d'arrêt européen validé par la justice française, estime l'avocate de la militante basque française.

Selon elle, Pablo Rafael Ruiz Gutierrez, juge d'instruction de l'Audience nationale espagnole, a, dans son arrêt de mise en accusation, repris des faits sur lesquels la Cour d'appel de Pau avait refusé l'application du MAE, comme le révélait lundi soir le quotidien "Le Journal du Pays Basque".

Le juge espagnol a retenu notamment des activités en France alors que la justice française excluait tous les faits qui y étaient commis par Aurore Martin, 33 ans, à qui la justice espagnole reproche d'appartenir à Batasuna, parti indépendantiste basque interdit en Espagne pour terrorisme pour sa proximité avec l'Eta, mais autorisé en France.

Ces faits sont une participation à une conférence de presse à Bayonne le 21 septembre 2006 et à un meeting à Ustaritz le 27 janvier 2007.

Le juge a également retenu un article d'opinion qu'elle avait écrit pour le quotidien basque espagnol "Gara" et publié le 11 janvier 2008, et le fait qu'elle ait été salariée du parti EHAK, parti interdit en Espagne mais encore légal au moment des faits reprochés.

La cour d'appel de Pau avait là aussi refusé ces deux faits pour valider le MAE.

"On dit que le MAE est fondé sur la confiance mutuelle mais cette affaire démontre les limites de la coopération au sein de l'Europe", a indiqué à Reuters Amaia Recarte, l'avocate française d'Aurore Martin.

Elle estime cependant que ces "libertés" prises par le juge ne remettront pas en cause la procédure globale. "C'est trop tard, maintenant elle est en Espagne", a-t-elle dit.

L'avocate espagnole chargée du dossier, Jone Gorizelaia, devrait cependant engager une action pour demander une remise en liberté conditionnelle.

"Mais ce n'est pas un motif de nullité, je ne le crois pas, d'autant que les recours se font devant le même magistrat", a précisé Amaia Recarte.

Ces allégations confortent ceux qui, au Pays basque français, contestent le bien-fondé de cette procédure d'autant que les progrès du processus de paix et l'annonce il y a plus d'un an par l'Eta du renoncement à la lutte armée avaient à leurs yeux justifié la non-application de la décision judiciaire.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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