L'avocat suisse de Cahuzac dément les 15 millions d'euros

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LE COMPTE SUISSE DE JERÔME CAHUZAC N'A JAMAIS ABRITÉ 15 MILLIONS D'EUROS, SELON SON AVOCAT SUISSE
LE COMPTE SUISSE DE JERÔME CAHUZAC N'A JAMAIS ABRITÉ 15 MILLIONS D'EUROS, SELON SON AVOCAT SUISSE

GENEVE (Reuters) - Didier Bottge, l'avocat genevois de Jérôme Cahuzac, a qualifié lundi de "non-sens" l'idée que le compte de Jérôme Cahuzac à l'UBS et Reyl & Cie ait pu abriter des millions d'euros et non 600.000, avant son transfert à Singapour.

Il a également démenti l'information selon laquelle l'ancien ministre du Budget aurait tenté sans succès de placer 15 millions d'euros à Genève, comme l'a avancé la télévision publique suisse (RTS).

"Si ces comptes avaient contenu une somme de 15 millions d'euros et non pas 600.000 euros, tout ca c'est un non-sens. Ça défie l'entendement", a dit Me Didier Bottge à Reuters.

Le procureur de Genève, Yves Bertossa, a confirmé que le compte suisse contenait 600.000 euros quand il a été clôturé, en vue d'un transfert à Singapour, a-t-il rappelé.

"Il y a une autre version qui défie le bon sens. Il est aussi dit qu'il aurait tenté d'ouvrir un compte avec 15 millions d'euros. Je n'ai jamais entendu parler de ca", a ajouté l'avocat.

Selon RTS, l'ex-ministre socialiste aurait tenté parallèlement de déposer 15 millions d'euros à Genève dans un établissement de gestion financière, en 2009. Mais la banque aurait refusé, par crainte de complications ultérieures, Jérôme Cahuzac étant exposé politiquement.

Des sources spécialisées à Genève et à Paris n'excluent pas l'existence d'un autre compte que celui reconnu et s'étonnent de la relative modicité de la somme transférée vers Singapour compte tenu des frais facturés pour de telles opérations.

Un spécialiste de la fiscalité, Antoine Peillon, a estimé la semaine dernière dans plusieurs médias que Jérôme Cahuzac n'aurait pas pris tant de risques pour 600.000 euros.

"Il a beaucoup de frais sur ces opérations, un tel montage pour dissimuler un montant pareil ne fait aucun sens", a-t-il estimé.

Selon le quotidien suisse Tages Anzeiger, Jérôme Cahuzac, après la conclusion d'une convention d'entraide fiscale entre la France et la Suisse en 2009, aurait produit un faux certificat fiscal pour transférer ses fonds à Singapour, via la société financière Reyl & Cie et sa correspondante sur place Julius Baer.

Didier Bottge estime que cela pourrait concerner l'établissement Julius Baer à Singapour. "Le dossier que j'ai vu ne comporte aucune attestation, il n'y a pas un tel document (en Suisse). Mais Julius Baer devrait en savoir plus", dit-il.

Selon Tages Anzeiger, Julius Baer avait demandé à Cahuzac de lui assurer que son argent était déclaré en France, avant de l'accepter à Singapour.

Celui qui était alors député aurait menti à la banque, en lui présentant une simple lettre rédigée par ses soins, que le journal qualifie de "certificat fiscal falsifié".

Stephanie Ulmer-Nebehay, édité par Gérard Bon

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