L'avocat des frères Karabatic admet les paris, pas la triche

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L'AVOCAT DES FRÈRES KARABATIC RECONNAÎT LES PARIS
L'AVOCAT DES FRÈRES KARABATIC RECONNAÎT LES PARIS

PARIS (Reuters) - Les joueurs du Montpellier Handball visés par une enquête sur des soupçons de match truqué, dont les frères Nikola et Luka Karabatic, ont bien pris des paris mais n'ont pas triché, a affirmé lundi l'avocat de ces derniers, Eric Dupont-Moretti.

Plusieurs personnes, dont les frères Karabatic, ont été interpellées et placées en garde à vue dimanche soir à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans le cadre de cette enquête portant sur un match de championnat de France contre Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), en mai dernier.

Des joueurs et des membres de leur entourage sont soupçonnés d'avoir empoché des gains après avoir parié sur la défaite de Montpellier, déjà assuré de remporter un cinquième titre national consécutif lorsque le match avait eu lieu.

Interrogé sur RTL, Me Eric Dupont-Moretti, qui défend le maître à jouer des doubles champions olympiques français, Nikola Karabatic, et son frère cadet Luka, a déclaré lundi que les joueurs soupçonnés avaient bien parié sur la rencontre.

"Les paris seront forcément reconnus (...) Ils ont parié", a dit l'avocat, qui a en revanche réfuté toute infraction pénale.

"Je vous ferais remarquer que le pari, c'est une interdiction sportive, ce n'est pas une infraction pénale", a-t-il affirmé.

"Le match truqué, ça se démontre, c'est le procureur qui doit le démontrer et j'affirme que ces hommes contestent farouchement avoir truqué ce match et l'avoir laissé filer."

Si les paris sont avérés, le code du sport prévoit des sanctions sportives. Seuls les soupçons de trucage du match sont en revanche du ressort de la justice.

L'affaire a plongé dans l'incompréhension le Montpellier Handball, sacré champion de France chaque année depuis 2008 et vainqueur de la Ligue des champions en 2003, et qui compte dans ses rangs plusieurs champions olympiques.

Ces soupçons ont en outre relancé le débat sur les paris sportifs, que la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, souhaite encadrer davantage, estimant que la légalisation des paris en ligne avait "multiplié les risques".

"En mai 2010, la France a légiféré sur ces paris (en ligne) mais pas les paris en dur - c'est l'affaire, ici, de Montpellier", a-t-elle dit sur Europe 1.

"On a légiféré en urgence parce qu'il fallait légiférer juste avant le Mondial de football et on s'aperçoit que les conséquences sont quand même très importantes, qu'on a multiplié le type de paris, la publicité... donc on a multiplié les risques", a-t-elle souligné.

"On n'est pas du tout dans des dimensions qu'on a pu connaître dans le football en Asie, avec du blanchiment, mais on voit bien qu'on est dans une activité à risques."

Gregory Blachier

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