L'avion chinois ARJ-21 bientôt livré, sans certification US

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* Livraison prochaine de l'ARJ-21 à Chengdu Airlines * Potentiel commercial limité sans la certification FAA * La FAA et l'agence chinoise continuent de coopérer * Pékin pourrait se tourner vers l'AESA pour l'ARJ-21 et le C919 par Siva Govindasamy et Matthew Miller SINGAPOUR/PEKIN, 22 octobre (Reuters) - Le premier avion de ligne de conception chinoise sera livré sans certification américaine, ce qui risque de porter un coup aussi bien à la crédibilité de l'appareil à l'international qu'à la coopération entre les Etats-Unis et la Chine en matière de sécurité aérienne, poussant potentiellement Pékin à se tourner vers l'Agence européenne. L'avion de transport régional COMAC ARJ-21, capable de transporter jusqu'à 90 passagers, a été certifié par l'Autorité de l'aviation civile chinoise (CAAC) en décembre dernier et sera prochainement livré à Chengdu Airlines, la compagnie chinoise qui va en lancer l'exploitation, ont dit à Reuters deux sources au fait du programme. L'ARJ-21 volera sans la certification de la Federal Aviation Authority (FAA), l'autorité de l'aviation civile américaine, en dépit de cinq années d'efforts pour que la FAA avalise la procédure de certification de la CAAC, ont dit les sources. Une certification par la FAA aurait conforté la réputation du constructeur de l'appareil, Commercial Aircraft Corp of China (Comac), et ouvert la voie à une commercialisation et à une exploitation à l'international même si les espoirs de le vendre à l'étranger étaient limités. Sans la certification FAA, l'ARJ-21 ne pourra être exploité que dans un certain nombre de pays asiatiques, africains et d'Amérique latine où la certification CAAC est homologuée. La compagnie à bas coûts Chengdu Airlines doit mettre l'appareil en service sur des lignes intérieures au premier trimestre 2016. Le carnet de commandes de Comac pour l'ARJ-21 porte sur près de 350 unités pour des compagnies chinoises et des firmes de crédit-bail. ALTERNATIVE EUROPÉENNE Depuis 2010, la FAA a entrepris un processus de certification parallèle pour apprécier la capacité de la CAAC à réaliser l'évaluation technique d'un appareil. Les relations entre les deux autorités de régulation se sont tendues l'année dernière sur des questions techniques et de procédure avant la fin du programme au début de cette année, ont dit des sources au fait du dossier. Des sources proches de Comac pensent que la FAA a fait traîner les choses en partie pour des questions liées aux relations économiques et politiques bilatérales. "Alors que la CAAC voulait apprendre de la FAA, elle a eu le sentiment que les Américains étaient trop rigides et faisaient traîner les choses sans raison. Et plus les délais s'allongeaient, plus l'embarras augmentait côté chinois", a dit l'une de ces sources. Pour Greg Waldron, du service d'informations spécialisé Flightglobal, les Chinois peuvent avoir le sentiment d'avoir perdu la face car ils faisaient de la certification par la FAA du premier avion de ligne construit localement et destiné à l'exploitation commerciale un véritable rite de passage. Dans un courriel à Reuters, la FAA a souligné qu'il n'avait jamais été question de certifier l'ARJ-21 dans le cadre du processus d'évaluation en parallèle et que Comac prévoyait un modèle dérivé de l'appareil pour se conformer à ses standards. "La FAA a de bonnes relations de travail avec la CAAC et nous continuons à travailler ensemble pour ouvrir la voie à une certification du modèle dérivé de l'ARJ-21 et, peut-être du C919", écrit la FAA en référence au monocouloir que Pékin développe pour concurrencer l'A320 d'Airbus AIR.PA et la gamme des 737 de Boeing BA.N . Comac pourrait demander à l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) de certifier l'ARJ-21 une fois qu'il aura été livré et lui demander de l'aider pour celle du C919, ont dit des sources au fait du programme. "Etant donné les efforts consentis par la Chine pour le C919 et le prestige qu'elle entend en retirer, obtenir la certification de la FAA ou de l'AESA est une exigence absolue aussi bien pour l'image du programme que pour ses ambitions de le commercialiser à l'international", a dit Waldron. "Nous ne savons ni si ni quand les autorités chinoises nous solliciteront pour une certification", a déclaré un porte-parole de l'AESA. Comac vise à réaliser les essais en vol et à obtenir la certification du C919 en deux fois moins de temps qu'il n'en a fallu pour l'ARJ-21, ont dit des sources proches du constructeur. (avec Fang Yan à Pékin, David Morgan à Washington et Tim Hepher à Paris, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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