L'aviation russe entre en action en Syrie

le , mis à jour à 17:13
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* Sept secteurs visés par les Russes, notamment vers Homs, Hama-TV * Le Kremlin parle de défendre les intérêts de la Russie en Syrie * Poutine espère qu'Assad sera prêt à un compromis sur l'avenir de son pays * La chambre haute russe a donné son feu vert à l'unanimité par Lidia Kelly, Vladimir Soldatkin et Maria Tsvetkova MOSCOU/BEYROUTH, 30 septembre (Reuters) - L'armée de l'air russe est intervenue pour la première fois en Syrie, mercredi, bombardant selon Moscou des positions du groupe djihadiste Etat islamique (EI) et répondant en cela à une demande formelle de son allié, le président syrien Bachar al Assad, dont les troupes ont subi des revers ces derniers mois. L'intervention des avions russes a fait suite au feu vert donné quelques heures plus tôt à l'unanimité par la chambre haute du parlement russe, le Conseil de la fédération, à une opération militaire en Syrie. La précédente autorisation du Parlement russe au déploiement de troupes à l'étranger avait coïncidé avec la prise puis l'annexion de la Crimée, en mars 2014. Cette approbation parlementaire, par 162 voix contre zéro, survient alors que Poutine a appelé lundi à la tribune de l'Onu à la création d'une coalition élargie en Syrie contre l'EI. Les Occidentaux, qui frappent déjà l'organisation djihadiste depuis l'été 2014 en Irak comme en Syrie, soupçonnent le Kremlin de vouloir avant tout réhabiliter Assad. Vladimir Poutine n'en a pas moins dit mercredi s'attendre à ce que le chef de l'Etat syrien fasse preuve de souplesse et soit ouvert à un compromis sur l'avenir politique de son pays. Certains pays occidentaux, comme les Etats-Unis et la France, estiment qu'Assad ne peut en aucun cas jouer un rôle dans le cadre d'une transition politique en Syrie. Si le Kremlin n'a pas dit où les avions russes avaient frappé, la télévision nationale syrienne, elle, a fait état d'au moins sept secteurs visés, notamment dans les provinces de Homs et de Hama, situées entre Damas et la côte méditerranéenne de la Syrie. Selon un responsable américain, les frappes russes ne semblent pas avoir concerné des secteurs où se trouvent les djihadistes de l'EI. D'autres organisations rebelles, comme le Front al Nosra, émanation syrienne d'Al Qaïda, sont en lutte contre le régime de Bachar al Assad. DÉFENDRE LES INTÉRÊTS DE LA RUSSIE Des habitants et des insurgés ont déclaré que les zones de la province de Homs bombardées par les Russes étaient contrôlées par différents groupes rebelles, dont plusieurs opérent sous la bannière de l'Armée syrienne libre. Aucune des sources interrogées n'a cité l'EI parmi les organisations présentes dans la région visée. Le ministère russe de la Défense, en revanche, a assuré que les bombardements avaient bien visé les positions de l'Etat islamique. Et la télévision syrienne a affirmé elle aussi que c'étaient des "repaires terroristes" de l'EI qui avaient été pilonnés. Sergueï Ivanov, secrétaire général du Kremlin, a précisé que les opérations russes seraient limitées dans le temps, et il a exclu tout envoi de troupes au sol. "Comme notre président l'a déjà dit, l'engagement de troupes au sol est exclu", a-t-il dit. La présidence syrienne a confirmé dans un communiqué que Bachar al Assad avait écrit à Vladimir Poutine et que la Russie intensifiait en conséquence son appui militaire au régime de Damas. A en croire Sergueï Ivanov, la Russie n'intervient que pour protéger ses propres intérêts en Syrie, où elle dispose depuis l'ère soviétique d'une base navale à Tartous, son seul accès direct à la Méditerranée. "Nous parlons spécifiquement de la Syrie et ne parlons pas d'objectifs de politique étrangère à atteindre ou d'ambitions personnelles à satisfaire (...), mais exclusivement des intérêts nationaux de la Fédération de Russie", a dit Sergueï Ivanov. La Russie est engagée depuis cet été dans un renforcement de sa présence militaire en Syrie, où elle soutient le régime Assad, menacé par l'EI mais aussi par d'autres groupes rebelles, qui ont progressé ces derniers mois dans le centre, avec la chute de Palmyre, mais aussi dans le nord-ouest du pays en s'emparant de la province d'Idlib. La décision russe d'intervenir en Syrie a été précipitée par les récents revers militaires du régime syrien, plus proche allié du Kremlin au Proche-Orient, ont déclaré à Reuters des diplomates et des analystes. (Henri-Pierre André, Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français)

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  • M8252219 le mercredi 30 sept 2015 à 11:16

    La Turquie à attaquée les Kurdes au lieu des jihadistes islamiques. la Russie va attaquer les rebelles qui combattent Assad au lieu des djihadistes islamiques.