L'avenir de Stéphane Richard à Orange en question

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L'AVENIR DU PDG D'ORANGE STÉPHANE RICHARD EN QUESTION
L'AVENIR DU PDG D'ORANGE STÉPHANE RICHARD EN QUESTION

PARIS (Reuters) - "La question est posée" du maintien de Stéphane Richard à la tête d'Orange après sa mise en examen, mais les intérêts de l'entreprise priment, a déclaré jeudi la ministre responsable du dossier des télécommunications, Fleur Pellerin.

L'ex-directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde (2007-2009), a été mis en examen mercredi pour "escroquerie en bande organisée" dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage dont a bénéficié en 2008 Bernard Tapie pour le litige l'opposant au Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas (403 millions d'euros intérêts compris).

Un porte-parole d'Orange a déclaré mercredi à Reuters que ce nouveau développement judiciaire n'avait pas de "conséquences sur les activités de Stéphane Richard" à la tête de l'entreprise. Le PDG est retourné à son bureau jeudi matin.

Le conseil d'administration d'Orange se réunira "en début de semaine prochaine" pour examiner la situation, a précisé jeudi sur RTL Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l'Innovation et à l'Economie numérique.

Stéphane Richard, 51 ans, a rejoint le groupe France Télécom en septembre 2009 (opérations internationales) avant d'être nommé en octobre de la même année à la tête des opérations France. Il a été nommé PDG de l'entreprise en février 2011.

Priée de dire si la question du maintien de Stéphane Richard, qui s'est prévalu du soutien de François Hollande avant sa mise en examen, était posée, Fleur Pellerin a répondu par l'affirmative en assortissant son propos de précautions.

"La question est posée et je pense que c'est la question à laquelle devra répondre le conseil d'administration qui se réunira de manière extraordinaire dans les jours prochains", a-t-elle déclaré.

RICHARD "FRAGILISÉ"?

Trois administrateurs sur 15 représentent l'Etat français, qui détient 27% du capital de l'entreprise. Leur position est actuellement en discussion, a dit Fleur Pellerin.

"Nous ne sommes pas majoritaires au sein de l'entreprise", a-t-elle noté, rappelant que plusieurs syndicats, qui siègent aussi au conseil d'administration, avaient apporté leur soutien à Stéphane Richard.

"Toutes les décisions qui seront prises dans les jours qui viennent devront être prises dans l'intérêt de l'entreprise uniquement", a-t-elle souligné. "Ce qui prime avant tout, c'est l'entreprise Orange, ce sont les 170.000 salariés d'Orange".

"Ce qui est en cause, ce n'est pas la façon dont il a dirigé l'entreprise jusqu'à présent, c'est bien de savoir si la décision qui a été prise le fragilise", a poursuivi la ministre.

"Je pose la question sans y apporter de réponse, la réponse peut être négative", a-t-elle précisé.

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a laissé entendre mercredi que la décision sur l'avenir du PDG d'Orange ne serait pas d'ordre politique, alors que les services du Premier ministre Jean-Marc Ayrault avaient annoncé qu'il faudrait "tirer les conséquences" de sa mise en examen.

Pierre Gattaz, candidat à la présidence du Medef, a souhaité sur France Info que l'Etat veille à ne pas "déstabiliser" Orange.

"Stéphane Richard est un grand patron, (...) il est innocent jusqu'à preuve du contraire", a-t-il dit.

UNE PARENTHÈSE ?

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, s'est inquiété de l'emballement médiatique et politique dans cette affaire.

"Il est normal que le gouvernement veille aux intérêts de l'Etat, en revanche il ne faut pas que les ministres fassent le métier des juges", a-t-il commenté sur RMC Info et BFM TV.

"Il faut parler avec juste mesure", a-t-il souligné. "Ce qui doit être examiné, c'est l'intérêt de l'entreprise".

Le député socialiste Christian Eckert, rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, a estimé sur LCI que Stéphane Richard ne pourrait rester à la tête d'Orange.

"Quand on a été haut fonctionnaire, et qu'on fait l'objet de poursuites de cette nature, il faut qu'au moins pendant un temps, il ouvre cette parenthèse", a-t-il dit. "Il y a trop d'affaires en ce moment (...) il ne faut pas qu'on s'habitue, il ne faut pas que cela se banalise."

Fleur Pellerin a jugé que l'affaire Tapie, ainsi que le dossier Bettencourt et l'enquête sur un possible financement par la Libye de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, témoignaient d'"un système organisé de financement illicite de campagne ou d'enrichissement personnel" mis en place par le précédent pouvoir.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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  • birmon le jeudi 13 juin 2013 à 11:30

    S'il est "fragilisé", l'occasion de l'abattre est trop belle pour na pas faire libérer la place pour un copain socialiste, compétent ou non.