L'avenir de Stéphane Richard à la tête d'Orange en question

le
0
L'AVENIR DU PDG D'ORANGE STÉPHANE RICHARD EN QUESTION
L'AVENIR DU PDG D'ORANGE STÉPHANE RICHARD EN QUESTION

Répétition pour préciser la fonction de Christian Jimenez au 15e paragraphe.

PARIS (Reuters) - Le maintien de Stéphane Richard à la tête d'Orange après sa mise en examen se jouera dans les prochains jours.

L'ex-directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde (2007-2009), a été mis en examen mercredi pour "escroquerie en bande organisée" dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie en 2008 pour le litige l'opposant au Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas.

La position du gouvernement de François Hollande devrait être déterminante, même si l'Etat, avec 27% du capital, ne détient que trois des 15 sièges du conseil d'administration, estime-t-on de sources proches d'Orange.

Car le pouvoir d'influence de l'Etat reste fort sur l'opérateur télécom, dont 65% des 100.000 salariés français conservent le statut de fonctionnaire et dont les investissements dans les réseaux sont cruciaux pour le pays.

Son conseil se réunira en début de semaine prochaine pour examiner la situation, a déclaré Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l'Innovation et à l'Economie numérique.

Priée de dire si la question du maintien de Stéphane Richard, qui s'est prévalu du soutien de François Hollande avant sa mise en examen, était posée, elle a répondu par l'affirmative en assortissant son propos de précautions.

"Toutes les décisions (...) devront être prises dans l'intérêt de l'entreprise uniquement", a-t-elle dit, ajoutant que la position des représentants de l'Etat au conseil d'Orange était "actuellement en discussion".

"Ce qui est en cause (...) c'est bien de savoir si la décision qui a été prise le fragilise", a poursuivi la ministre.

"Je pose la question sans y apporter de réponse, la réponse peut être négative", a-t-elle ajouté.

Stéphane Richard, 51 ans, est retourné à son bureau jeudi.

LE MARCHÉ DE MARBRE

La fragilisation du patron d'Orange a laissé de marbre des investisseurs principalement focalisés sur les défis auxquels l'opérateur doit faire face, notamment la redoutable guerre des prix qui sévit sur son marché intérieur.

A la Bourse de Paris, le titre a fini en très léger repli (-0,3% à 7,44 euros), dans un marché stable (+0,11%).

Il accuse cependant une baisse de 10% depuis le début de l'année, après une chute de 31% en 2012, plombé par la concurrence déclenchée par Free (Iliad) dans le mobile.

Les analystes attendent une chute de 15% du résultat opérationnel d'Orange en 2013, largement due à ses activités en France.

"J'ai des craintes pour Orange, mais pas à cause de Stéphane Richard. Le groupe a de plus en plus de mal à tirer profit des énormes investissements qu'il réalise", note Christian Jimenez, président de la société de gestion Diamant Bleu Gestion.

Pour Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse, le directeur financier, Gervais Pellissier, pourrait assurer l'intérim en cas de démission de Stéphane Richard. "Le PDG est entouré d'une équipe et tout chez Orange ne dépend pas de lui, ce qui explique la faible réaction du marché", ajoute-t-il.

La vraie question, pour Orange, c'est d'améliorer ses marges avec la 4G mobile, pas tellement de changer de PDG, poursuit-il.

SYNDICATS DIVISÉS

Les syndicats, qui disposent de trois représentants (Sud, CGT, CFDT) au conseil d'administration (quatre, avec le représentant du personnel affilié à FO), sont divisés sur le sort de Stéphane Richard, maître du calendrier de la convocation de cette réunion.

Pour Christian Pigeon (Sud), "il paraît difficile de (le) garder (...) L'image du patron est dégradée, elle ne permet pas de représenter le groupe", a-t-il dit à Reuters, estimant que la responsabilité de la décision incombait à l'Etat.

La CGT s'en remet également à l'Etat. "L'Etat a proposé Richard, il devra décider de son avenir", a déclaré son délégué Christian Mathorel.

La CFDT s'est déclarée défavorable à une démission, tandis que la CFE-CGC/Unsa, qui ne siège pas au conseil, veut la continuité.

Pierre Gattaz, candidat à la présidence du Medef souhaite que l'Etat veille à ne pas "déstabiliser" l'opérateur. "Stéphane Richard est un grand patron, (...) il est innocent jusqu'à preuve du contraire", a-t-il dit.

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a laissé entendre mercredi que la décision sur l'avenir du PDG d'Orange ne serait pas d'ordre politique, alors que les services du Premier ministre Jean-Marc Ayrault avaient annoncé qu'il faudrait "tirer les conséquences" de sa mise en examen.

Le gouvernement a annoncé qu'il allait déposer un recours en révision pour faire annuler l'arbitrage qui a accordé 403 millions d'euros à l'homme d'affaires Bernard Tapie.

Sophie Louet, Leila Abboud, Alexandre Boksenbaum-Granier, avec Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant