L'avenir de l'UE ne se joue pas en comité restreint-Slovaquie

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    par Gabriela Baczynska 
    BRATISLAVA, 30 juin (Reuters) - L'avenir de l'Union 
européenne ne peut être décidé par deux ou trois de ses membres 
occidentaux importants, a estimé jeudi le Premier ministre 
slovaque, allusion à la France et à l'Allemagne et invitation 
aux membres ex-communistes du bloc à s'impliquer davantage. 
    Roberto Fico s'exprimait à la veille de la prise de la 
présidence tournante de l'Union européenne par son pays. Après 
le vote des Britanniques jeudi dernier en faveur d'un retrait de 
l'Union européenne, une réunion des 27 autres membres de l'UE 
est prévue en septembre à Bratislava, la capitale slovaque. 
    "Les décisions cruciales sur l'avenir de l'Europe ne peuvent 
être définies par deux, trois Etats membres, ni par les Etats 
fondateurs de l'UE", a déclaré Roberto Fico à la presse. 
    L'Allemagne, la France et l'Italie, qui ont fondé l'UE sous 
le nom de CEE avec la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg en 
1957, ont tenu des discussions à trois lundi au niveau des chefs 
d'Etat et de gouvernement pour examiner les conséquences du 
Brexit. Deux jours auparavant, les six membres fondateurs de 
l'UE avaient tenu une réunion au niveau des ministres des 
Affaires étrangères. 
    "L'avenir de l'UE ne peut plus être déterminé sans la 
participation active des Etats qui l'ont rejointe après 2004", a 
déclaré Roberto Fico. La plupart des pays qui sont entrés dans 
l'UE après 2004, dont la Slovaquie, sont d'anciens pays 
communistes d'Europe centrale et orientale.  
     
    PROBLÈMES ET POSITIONS 
    La Slovaquie et les autres Etats dit du groupe de Visegrad, 
à savoir la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, 
militent pour une restitution de certains pouvoirs aux Etats 
membres et une réduction du rôle exécutif de la Commission 
européenne. 
    "Il y a le sentiment, parmi les Etats membres, que, parfois, 
ils décident quelque chose et qu'ensuite la Commission arrive 
avec des propositions qui ne reflètent pas cela", a déclaré le 
ministre slovaque des Affaires étrangères, Miroslav Lajcak.  
    "Si nos concitoyens comprennent de moins en moins ce que 
fait l'UE, c'est parce qu'il y a trop d'institutions et trop peu 
d'Etats membres." 
    Le groupe de Visegrad a défié la Commission et l'Allemagne 
en refusant d'accepter les réfugiés qui sont arrivés en masse 
l'an dernier en Europe en raison notamment de la guerre en 
Syrie. 
    "Il y a des politiques de l'UE qui doivent très clairement 
être qualifiées d'échec", a déclaré Roberto Fico. "La grande 
majorité des ressortissants de l'UE sont en total désaccord avec 
l'état actuel de la politique migratoire dans l'UE." 
    Son ministre des Affaires étrangères Miroslav Lajcak a dit 
qu'il accepterait toutes les mesures susceptibles d'annuler le 
vote des Britanniques en faveur du Brexit, mais Roberto Fico a 
dit qu'il fallait prendre acte des faits. 
    "Le peuple britannique a réagi à la politique européenne", 
a-t-il dit. "Personne n'a le droit d'être en colère contre les 
électeurs britanniques." 
    Les préoccupations de la Slovaquie au sujet de la crise 
migratoire doivent être entendues par Berlin et Bruxelles, a 
déclaré Miroslav Lajcak. Bratislava, a-t-il ajouté, est prête à 
aider à résoudre la crise par d'autres voies. 
    "Nous ne pouvons accepter une situation selon laquelle 
l'avis de certains des pays fondateurs est qualifié de 
'positions' et l'avis de certains des nouveaux membres est 
appelé 'problème'", a déclaré Miroslav Lajcak. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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