L'Autriche renforcera début juin ses contrôles au col du Brenner

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    VIENNE, 12 avril (Reuters) - L'Autriche renforcera début 
juin ses contrôles au col du Brenner, à la frontière avec 
l'Italie, dans le cadre de ses mesures pour freiner l'arrivée 
des migrants et réfugiés sur son territoire, a annoncé mardi le 
ministre de la Défense Hans Peter Doskozil. 
    Depuis la fermeture de la route migratoire de l'ouest des 
Balkans, l'Autriche prévoit que les arrivées de migrants en 
Italie par la mer doubleront cette année pour atteindre 300.000. 
    Le ministre envisage un système de contrôle des frontières 
similaire à celui mis en place à Spielfeld, à la frontière avec 
la Slovénie, où les autorités autrichiennes ont installé des 
barrières permettant un contrôle des mouvements de foule de même 
qu'une clôture longue de quatre kilomètres environ. 
    La date exacte de l'entrée en vigueur de ces nouveaux 
contrôles dépendra du flux de migrants et du progrès des travaux 
de construction d'un nouveau centre de contrôle frontalier, a 
précisé Hans Peter Doskozil, ajoutant que ces travaux avaient 
déjà commencé.  
    Environ deux millions de poids lourds empruntent chaque 
année le col du Brenner, principal point de passage entre le sud 
et le nord des Alpes. 
    La Commission européenne a manifesté son inquiétude.  
    "Si ces projets venaient à se matérialiser, alors nous 
serions amenés à les examiner très sérieusement. Le col de 
Brenner est essentiel à la liberté de mouvement au sein de 
l'Union européenne", a déclaré la porte-parole de l'exécutif 
européen Natasha Bertaud lors d'un point de presse.  
    La Commission, a-t-elle précisé, n'a pas été informée par 
Vienne et n'a eu connaissance de ces projets que par voie de 
presse. 
    Le secrétaire d'Etat italien chargé des Affaires 
européennes, Sandro Gozi, a également critiqué le projet 
autrichien. 
    "Ce n'est pas en érigeant des murs improvisés qu'on résoudra 
les problèmes (...). Vienne devrait réexaminer cette décision 
qui va à l'encontre de l'esprit et de la lettre des institutions 
européennes ainsi que de l'amitié qui lie l'Autriche à 
l'Italie", a-t-il déclaré dans un communiqué.  
    Pour les sociétés de transport, le renforcement des 
contrôles pourrait provoquer une hausse des coûts. "Si les 
contrôles frontaliers signifient qu'il faudra plus de temps pour 
relier Milan à Munich, les sociétés de transport devront relever 
leurs tarifs", a déclaré Franco Santagata, ancien dirigeant de 
la filiale italienne de Deutsche Post, aujourd'hui consultant 
pour le secteur des transports. 
 
 (Kirsti Knolle, avec Crispian Balmer et Steve Scherer à Rome, 
Robin Emmott à Bruxelles; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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