L'Autriche prête au "conflit" sur l'accord commercial UE-Canada

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    VIENNE, 1er septembre (Reuters) - L'Autriche est prête au 
"conflit" avec les autres pays membres de l'Union européenne 
pour bloquer le projet d'accord commercial entre l'UE et le 
Canada, a déclaré le chancelier autrichien. 
    Christian Kern a jugé que le CETA (Comprehensive Economic 
Trade Agreement ou Accord économique et commercial global), un 
texte de 1.600 pages qui a nécessité cinq années de 
négociations, posait beaucoup de problèmes identiques à ceux 
contenus dans le traité de libre-échange en cours de 
négociations avec les Etats-Unis. 
    "Ce sera difficile, ce sera le prochain conflit que 
l'Autriche déclenchera au sein de l'UE (...) Nous devons veiller 
(...) à ne pas faire basculer l'équilibre du pouvoir en faveur 
des multinationales", a dit Christian Kern à la radio-télévision 
autrichienne, l'ÖRF, mercredi soir. 
    D'après un enregistrement diffusé jeudi par la radio 
publique autrichienne, Jean-Claude Juncker, président de la 
Commission européenne, a demandé en juin à l'Autriche de cesser 
ses "clowneries" au sujet du CETA, le qualifiant de meilleur 
accord commercial conclu par l'UE. 
    Un diplomate en poste à Bruxelles, favorable à une 
finalisation de ce traité avec le Canada d'ici la fin de 
l'année, a dit qu'un échec aurait "un effet désastreux sur la 
crédibilité de la politique commerciale de l'UE". 
    "Plus jamais personne ne voudrait s'engager dans des années 
de négociations avec nous pour voir tout s'effondrer à la 
dernière minute. Avec tout le bazar autour du TTIP, nous devons 
aboutir sur le CETA", a dit cette personne. 
    Les négociations entre l'UE et les Etats-Unis sur un 
Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement 
(TTIP) semblent embourbées et la France a annoncé mardi qu'elle 
allait demander l'arrêt de ces discussions.   
    "Nous allons devoir examiner où sont les faiblesses (du 
CETA). Pour beaucoup, elles sont les mêmes que dans le TTIP", a 
jugé Christian Kern, sans détailler ces faiblesses. 
    La Commission européenne espère que les Etats membres auront 
approuvé le CETA avant le sommet UE-Canada prévu fin octobre. 
Elle a toutefois accepté que les parlements nationaux, et 
certains régionaux, ratifient cet accord pour qu'il entre en 
vigueur. 
    Le Parlement européen sera aussi appelé à voter. 
 
 (Shadia Nasralla, avec Gabriela Baczynska à Bruxelles et Andrea 
Shalal à Berlin; Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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