L'Autorité palestinienne rejoint officiellement la CPI

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par Thomas Escritt LA HAYE, 1er avril (Reuters) - L'Autorité palestinienne est devenue officiellement mercredi le 123e membre de la Cour pénale internationale (CPI), lors d'une cérémonie de signature à La Haye qui a rassemblé les représentants d'une centaine de pays. Israël a dénoncé cette adhésion à laquelle sont également hostiles le Canada, qui est membre de la Cour, et les Etats-Unis, qui ne le sont pas. La CPI, juridiction permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l'humanité, de crime d'agression et de crime de guerre, sera désormais compétente pour se saisir de tels dossiers qui concerneraient les territoires palestiniens ou des crimes commis par des Palestiniens. Après le conflit de l'été dernier qui a fait plus de 2.100 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, le bureau du procureur de la CPI a entamé début janvier un examen préliminaire sur d'éventuels crimes de guerre, première étape d'une procédure susceptible d'aboutir à l'inculpation d'Israéliens ou de Palestiniens. Présent à La Haye, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al Maliki, a déclaré à Reuters que son gouvernement laisserait à la CPI le temps de mener ses investigations mais n'a pas exclu une saisine directe si l'enquête s'éternisait. Si la CPI nous demande de livrer des suspects palestiniens, a-t-il ajouté, nous n'hésiterons pas à le faire, même s'il s'agit de personnalités importantes du gouvernement. HOSTILITÉ D'ISRAËL "Nous devons accorder (au procureur) le bénéfice du doute et suffisamment de temps pour mener son examen préliminaire", a-t-il dit. "Mais si nous constatons que cela n'aboutira pas à une enquête officielle ou que cela prend trop de temps, nous exercerons notre droit de saisine." L'ONG Human Rights Watch (HRW), dont le siège est à New York, a salué mercredi l'adhésion de l'Autorité palestinienne à la Cour pénale internationale, officiellement établie en juillet 2002 lors de l'entrée en vigueur du Statut de Rome. "Ce qui est inacceptable, ce sont les tentatives d'empêcher que la justice soit rendue au niveau international, non la décision de la Palestine de rejoindre un tribunal auquel appartiennent plus de cent pays dans le monde entier", a déclaré Balkees Jarrah, conseiller de HRW. "Les gouvernements qui cherchent à sanctionner la Palestine en raison de son adhésion doivent mettre fin immédiatement à leurs pressions et les pays qui soutiennent la CPI doivent saluer sans réserve cette adhésion", a-t-il ajouté. En représailles à la décision palestinienne d'adhérer à la CPI, Israël avait gelé début janvier le transfert de 130 millions de dollars effectué tous les mois à l'Autorité palestinienne pour le paiement de ses fonctionnaires. Ces 130 millions de dollars, provenant de taxes collectées par Israël pour le compte de l'Autorité palestinienne, représentent environ les deux tiers du budget de cette dernière. Vendredi dernier, pourtant, les autorités israéliennes ont annoncé qu'elles allaient débloquer ces fonds, invoquant des "raisons humanitaires" et "les intérêts d'Israël". ID:nL6N0WT42T (Guy Kerivel pour le service français)

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