L'Autorité de la concurrence saisie sur les centrales d'achat

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* Ouverture prochaine des négociations distributeurs-fournisseurs * Les fournisseurs craignent d'être victimes de la guerre des prix PARIS, 23 octobre (Reuters) - Le gouvernement va saisir pour avis l'Autorité de la Concurrence sur les rapprochements intervenus entre centrales d'achat dans la grande distribution, qui inquiètent les producteurs agricoles, a annoncé jeudi le ministre de l'Economie. Emmanuel Macron s'est engagé en outre à faire preuve de vigilance sur l'application de la loi Hamon votée cette année qui encadre plus étroitement les relations entre fournisseurs et distributeurs, notamment sur son volet sanctions. Ces annonces ont été faites à l'issue d'une réunion entre distributeurs, industriels de l'agroalimentaire et agriculteurs organisée pour apaiser les tensions avant l'ouverture prochaine des négociations commerciales annuelles entre les grandes enseignes et leurs fournisseurs. Toujours délicates, elles s'annoncent encore plus difficiles cette année sur fond de guerre des prix et d'inflation faible. A défaut de décisions spectaculaires, la table ronde organisée autour des ministres de l'Agriculture et de l'Economie s'est déroulée dans un "esprit constructif", ont reconnu les différents acteurs. Pour le président de la FNSEA, le principal syndicat agricole, Xavier Beulin, "on a senti une forme d'apaisement, une volonté de part et d'autre d'être moins dans une forme de confrontation permanente". Signe de la bonne volonté du moment, la grande distribution vient de signer une convention pour favoriser les petits producteurs (PME et TPE) et devrait prochainement ratifier de concert avec l'Ania (Association nationale des industries agroalimentaires) une charte des achats "responsables". Au-delà de ces gestes, les producteurs s'inquiètent des rapprochements de centrales d'achat annoncées coup sur coup par Auchan et Système U d'une part, Casino et Intermarché de l'autre. BONNES PRATIQUES Pour Emmanuel Macron, ces regroupements "ont un sens" mais, pour apaiser les craintes des professionnels et des producteurs, le gouvernement va saisir pour avis l'Autorité de la concurrence sur le sujet par souci de transparence. Un comité de suivi va d'autre part être mis en place sur les négociations commerciales pour s'assurer notamment que le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) ne soit pas utilisé comme argument pour faire baisser les prix, comme certains s'en sont plaint, a indiqué le ministre de l'Economie. "Ce n'est pas l'objet du CICE", a-t-il dit en soulignant que la grande distribution et les industries agroalimentaires bénéficiaient "massivement" de ce crédit d'impôt dont l'objectif prioritaire est de favoriser l'investissement et les créations d'emplois par les entreprises. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a indiqué de son côté que le gouvernement accentuerait ses efforts de promotion de l'étiquetage de produits français dans la distribution et rappelé qu'il finalisait un guide de bonnes pratiques pour leur achats dans le cadre des marchés publics. Jacques Creyssel, délégué général de la FCD (Fédération du commerce et de la distribution), s'est lui aussi félicité de l'apaisement en cours. "Le ton est différent parce que tout le monde a bien compris que ce n'est pas par des invectives que l'on changera un certain nombre de sujets qui relèvent d'abord et avant tout d'une situation économique globale", a-t-il dit. "Nous avons aussi réaffirmé que nous étions prêts à proposer un engagement collectif à mettre fin à des publicités nationales" sur des comparateurs de prix, a-t-il ajouté. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)


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