L'auto française garde l'avantage avant les élections en Iran

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    * Pour Rohani, le Peugeot 2008 conforte sa politique 
d'ouverture 
    * Volkswagen et les autres allemands attendent avant 
d'investir 
    * La pression américaine incite à la prudence 
 
    par Bozorgmehr Sharafedin, Laurence Frost et Edward Taylor 
    TEHERAN/PARIS/FRANCFORT, 16 mai (Reuters) - PSA  PEUP.PA  et 
Renault  RENA.PA , absents des Etats-Unis, restent idéalement 
placés pour tirer parti de la réouverture du marché automobile 
iranien alors que l'incertitude sur l'attitude du président 
Donald Trump concernant les sanctions contre Téhéran paralyse 
toujours les constructeurs américains mais aussi allemands. 
    Le président Hassan Rohani, candidat à sa réélection au 
scrutin du 19 mai, a mis en exergue l'offensive des 
constructeurs automobiles français comme une preuve que la 
détente et l'ouverture économique du pays va s'avérer payante 
pour les électeurs. 
    Volkswagen  VOWG_p.DE  et BMW  BMWG.DE  ont eux aussi de 
grandes ambitions en Iran mais celles-ci sont actuellement 
gelées à cause du manque de visibilité et de leur plus grande 
exposition en cas de représailles américaines, ont dit à Reuters 
des sources du secteur. 
    "Nous sommes bien conscients du potentiel de marché en Iran, 
mais nous ne pouvons nous permettre de prendre le moindre 
risque", a déclaré une source proche de Volkswagen.  
    Le groupe allemand a refusé de commenter les discussions en 
cours sur des investissements spécifiques. 
     
    L'EXEMPLE DU PEUGEOT 2008 
    Les premiers arrivés sont toujours en mesure de rafler la 
part du lion sur un marché privé pendant des années de modèles 
modernes et où des droits de douane de 40% donnent clairement 
l'avantage aux voitures assemblées localement. 
    Mehdi Monfared, dont la concession à Téhéran commercialise 
surtout des véhicules de la marque du constructeur national Iran 
Khodro, dit avoir été témoin d'une "explosion" de la demande. 
    "Les gens font moins attention à leur argent et ils 
utilisent leur épargne pour des voitures", a-t-il déclaré par 
téléphone. "Et les banques prêtent." 
    Le président Rohani, dont le principal adversaire au scrutin 
de vendredi est un dignitaire religieux conservateur hostile à 
l'ouverture des marchés iraniens, a salué le lancement de la 
production iranienne début mai du Peugeot 2008 comme une preuve 
de l'intérêt de l'accord qu'il a signé en juillet 2015. Celui-ci 
prévoit une limitation du programme nucléaire iranien pendant au 
moins dix ans en échange d'une levée des sanctions 
internationales. 
    "Quand nous avons signé l'accord, les détracteurs ont dit 
que c'était juste un bout de papier qui n'entrerait jamais en 
vigueur", a déclaré le président sortant sur les réseaux 
sociaux, à côté d'une photo le représentant au volant du 2008 
lors de la cérémonie de lancement du véhicule. 
    "Mais maintenant nous pouvons voir que les sanctions pesant 
sur l'industrie automobile ont été levées, que des accords de JV 
ont été conclus et que de nouvelles voitures sont actuellement 
fabriquées", a-t-il ajouté. 
 
    LES VENTES BONDISSENT 
    Les ventes de voitures en Iran ont bondi de 50% au premier 
trimestre, selon des données du cabinet IHS Automotive, tirées 
par les gains solides de Peugeot, de Renault et de l'iranien 
SAIPA. 
    Les constructeurs français, leaders historiques du marché, 
ont rapidement signé de nouveaux accords de production avec Iran 
Khodro et SAIPA une fois les sanctions levées. Les Allemands, 
eux, brillent par leur absence car contrairement aux Français, 
le marché américain est très important pour Volkswagen, BMW et 
Daimler  DAIGn.DE . 
    Les constructeurs germaniques sont du coup très vulnérables 
en cas de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran. 
Volkswagen, qui a envisagé de produire localement avec l'iranien 
Mammut Khodro, a suspendu ses discussions en raison des 
incertitudes ambiantes, selon une source proche du groupe 
allemand. 
    "Toute entreprise opérant en Iran ou prévoyant d'entrer sur 
ce marché doit se demander ce qui arriverait en cas de 
changement fondamental de ligne à Washington", a-t-elle dit. 
    BMW a lui aussi étudié des opportunités de production, 
d'importation et de distribution dans le pays, avant d'estimer 
que le moment n'était pas adéquat, selon un autre responsable du 
secteur. 
    "Une fois que nous aurons vu General Motors et Ford 
s'installer, nous pourrions réactiver nos projets, mais pas 
avant", a-t-il dit. 
    Plusieurs milliers de voitures haut de gamme allemandes - 
principalement des BMW et des Mercedes - sont déjà importées en 
Iran chaque année, mais via Dubaï et des pays tiers. 
    Complication supplémentaire, les SUV les plus en vogue 
auprès des riches Iraniens viennent souvent des usines 
américaines de Mercedes ou BMW, ou utilisent des composants 
"Made in USA". 
    Si les sanctions ont été pour la plupart levées après 
l'accord de 2015, Washington a maintenu ses propres restrictions 
sur les transactions financières avec l'Iran, ce qui rend 
difficile une reprise intégrale des affaires. 
     
    PRIX ÉLEVÉS 
    Malgré la pression américaine, la production iranienne a 
rebondi à 1,23 million de voitures l'an dernier, contre 796.000 
en 2013. IHS s'attend à ce qu'elle atteigne 1,34 million cette 
année et 1,49 million en 2018, se rapprochant ainsi du pic de  
1,65 million atteint en 2011. 
    Renault a quant à lui déjà introduit sa citadine low cost 
Sandero aux côtés de la berline Tondar (l'ancienne Logan) et 
projette une nouvelle usine pour porter sa capacité de 
production annuelle à 350.000 véhicules, contre 200.000 à 
l'heure actuelle. 
    Au premier trimestre, les immatriculations du groupe ont 
plus que doublé à 47.000 voitures, selon IHS, faisant de l'Iran 
le sixième marché du groupe, tandis que celles de la marque 
Peugeot ont grimpé de 18% avant l'arrivée du 2008, mais aussi 
d'autres modèles du groupe - Citroën est programmé pour 2018. 
    Le coréen Hyundai  005380.KS  fabrique de son côté sa 
compacte Accent, qui sera suivie par les citadines i10 et i20 
mini. Les marques chinoises, comme Chery, tiennent pour leur 
part à défendre les positions d'investissement qu'elles ont 
réussi à occuper lorsque les sanctions leur ont laissé le champ 
libre. 
    Les nouveaux modèles pourraient toutefois vite s'avérer 
inabordables. Les concessionnaires de Téhéran s'attendent à ce 
que le nouveau SUV urbain 2008 de Peugeot soit proposé autour de 
24.000 dollars (22.000 euros), soit un niveau équivalent à 
l'Europe et plus de trois fois le revenu moyen d'un ménage 
urbain en Iran. 
    Mais ce véhicule, par exemple, fait figure de symbole et 
pourrait à ce titre bénéficier d'un accueil où l'aspect 
financier n'est pas le seul critère en jeu. 
    "Le lancement de 2008 était très important, je crois ; à ma 
connaissance, c'était l'une des réalisations de la politique de 
Rohani post-signature (de l'accord sur le nucléaire)", a déclaré 
à Reuters Jean-Christophe Quémard, directeur de la région 
Moyen-Orient de PSA.  
    "Vu les temps d'exécution des projets (en Iran), je crois 
qu'il n'y en a pas beaucoup et donc, de fait, ça devenait une 
bonne illustration, ça a été utilisé à ce titre-là." 
 
    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 
Le retrait de Qalibaf renforce le camp conservateur en Iran    
  
Les échanges entre Paris et Téhéran ont bondi de 200% en un an   
   
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 (Avec Andreas Cremer à Berlin et Gilles Guillaume à Paris, 
édité par Dominique Rodriguez) 
 

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