L'auteur de l'enregistrement de Cahuzac a contacté l'Elysée

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L'AUTEUR DE L'ENREGISTREMENT DE CAHUZAC A CONTACTÉ L'ELYSÉE
L'AUTEUR DE L'ENREGISTREMENT DE CAHUZAC A CONTACTÉ L'ELYSÉE

PARIS (Reuters) - L'auteur de l'enregistrement dans lequel un homme présenté comme le ministre du Budget Jérôme Cahuzac parlait fin 2000 d'un compte en Suisse lui appartenant a contacté l'Elysée pour certifier son authenticité, a-t-on appris vendredi auprès de la présidence.

L'Elysée a confirmé une information du site Mediapart selon laquelle un conseiller de François Hollande a été contacté par Michel Gonelle, ancien bâtonnier du barreau d'Agen et ancien maire de la commune de Villeneuve-sur-Lot, poste que lui a ravi Jérôme Cahuzac lors des élections municipales de mars 2001.

"L'Elysée a bien reçu un appel téléphonique de Gonelle il y a quelques jours. S'il a des éléments tangibles, il faut qu'il les remette à la justice car c'est à la justice de faire son travail", a-t-on souligné à la présidence.

Contacté par Reuters, Jérôme Cahuzac n'a pas souhaité commenter la démarche de Michel Gonelle auprès de l'Elysée. "Je n'ai pas de commentaire à faire, rien", a-t-il dit.

Selon Mediapart, des vérifications fiscales approfondies sont en outre en cours sur le patrimoine du ministre, ses déclarations au titre de l'impôt sur la fortune (ISF) laissant apparaître des anomalies. L'Elysée n'a pas fait de commentaire.

Jérôme Cahuzac est soupçonné notamment d'avoir sous-évalué le montant de son appartement parisien et déclaré un prêt parental déjà remboursé, précise le site.

Selon Mediapart, l'auteur de l'enregistrement, Michel Gonelle, aurait démenti jusqu'à ces derniers jours être le détenteur de l'enregistrement pour se protéger de "la tempête".

Mais il a finalement appelé le 15 décembre Alain Zabulon, ancien sous-préfet du Lot-et-Garonne, qui se trouve être aujourd'hui le directeur adjoint de cabinet de François Hollande.

DEMANDE À UBS

Lors de cette conversation, Michel Gonelle aurait raconté comment le message téléphonique prêté à Jérôme Cahuzac aurait atterri sur sa boîte vocale et expliqué qu'il l'avait gardé pendant de nombreuses années sans savoir qu'en faire, avant de se décider à dire la vérité au sommet de l'Etat.

Jérôme Cahuzac a révélé mercredi avoir chargé son avocat de demander à la banque suisse UBS de dire si oui on non il a détenu un compte au sein de cet établissement afin de "clouer définitivement le bec" à ses calomniateurs.

Il a précisé sur son blog que la banque suisse lui avait fait savoir qu'elle n'avait pas en principe pour politique d'envoyer des confirmations négatives, mais qu'il avait néanmoins chargé son défenseur de poursuivre les démarches entreprises.

Selon le Canard enchaîné paru mercredi, Jérôme Cahuzac a promis la semaine dernière au président François Hollande de faire cette démarche, visant à lever les doutes sur les accusations du site d'informations Mediapart.

Le ministre a démenti à plusieurs reprises, y compris devant l'Assemblée nationale, avoir détenu un compte en Suisse et a porté plainte en diffamation contre Mediapart.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lui a renouvelé sa confiance et l'opposition de droite est restée très prudente sur cette affaire.

Jérôme Cahuzac est intervenu dans la polémique sur l'exil fiscal de l'acteur Gérard Depardieu en indiquant, jeudi, qu'il étudiait "comme une piste" le moyen de rattacher l'impôt à la nationalité, et non au lieu de résidence.

Il s'agit d'"éviter que ceux qui décident de vivre en dehors de nos frontières s'exonèrent par là même des obligations fiscales que ces personnes ont à l'égard de leur pays dans lequel elles sont nées, elles ont grandi, elles ont été éduquées, formées, le plus souvent où elles ont rencontré la prospérité, sinon la fortune", a-t-il dit au Sénat.

Gérard Bon et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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  • birmon le vendredi 21 déc 2012 à 17:37

    Je trouve tout à fait légitime de vouloir protéger son patrimoine de l'enfer fiscal français. M. Chuzac peut toutefois être victime d'un coup monté pour le descendre politiquement, à l'instar de M. Woerth. Ce serait de bonne guerre.

  • dotcom1 le vendredi 21 déc 2012 à 16:55

    Il tape des années durant sur les banques suisse, puis vient leur quémender des attesations comme un service. Comme s'il avait été assez fou pour ouvrir un compte sous son vrai nom!