L'auteur d'une tuerie familiale en Corse acquitté et hospitalisé

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par Roger Nicoli

AJACCIO (Reuters) - Un jeune homme de 19 ans, accusé d'avoir abattu sans mobile apparent son père, sa mère et ses deux frères en 2009 près d'Ajaccio a été acquitté samedi par la Cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud.

L'avocate générale Valérie Tavernier avait requis 18 ans de réclusion, estimant que l'adolescent, Andy, âgé de 16 ans au moment des faits, était pénalement responsable de ses actes.

Lors du prononcé du verdict, rendu samedi vers 1h20 après six heures de délibérations, le président de la Cour, David Macouin, a expliqué que le jeune homme avait été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés mais déclaré irresponsable d'un point de vue pénal en raison d'un trouble mental "ayant aboli son discernement".

En conséquence, la Cour d'assises a ordonné son hospitalisation d'office au sein d'une structure psychiatrique.

L'accusé a toutefois été condamné à verser environ 300.000 euros des dommages et intérêts à divers membres de la famille.

"C'est le verdict que l'on attendait, mais il n'y a pas de joie, il n'y a ni gagnant ni perdant. Aujourd'hui, Andy va être soigné, mais cela va prendre du temps, il ne sait pas dans quel monde il va être plongé", a déclaré un de ses avocats, le bâtonnier d'Ajaccio Marc Maroselli.

Le parquet dispose d'un délai de dix jours pour faire appel.

"Nous attendions cette décision de justice et nous la respectons mais il reste des zones d'ombre qui ne sont pas dissipées", a déclaré l'un des avocats des familles.

L'accusé avait reconnu les faits dès sa garde à vue le 13 août 2009, soit le surlendemain du quadruple meurtre.

"COMME UN ROBOT"

Dans la nuit du 11 au 12 août 2009, alors que ses parents et ses deux frères jumeaux âgés de dix ans dormaient au domicile familial situé à Albitreccia, Andy s'était saisi d'un fusil à pompe et avait fait feu à six reprises.

Andy a déclaré avoir agi "comme un robot". Il a ensuite rempli un sac de vêtements et pris dans le coffre-fort de ses parents la somme de 2.600 euros ainsi que des montres de valeur avant d'appeler le 17 et de signaler un cambriolage : "Allo, je m'appelle Andy, au secours, il y a quelqu'un chez moi, aïe".

Cet appel ne sera pas pris en compte et l'adolescent prendra le maquis où il se débarrassera de ses habits. Le lendemain, il avouera le quadruple meurtre à l'un de ses oncles qui le conduira à la police.

Celui qui a été décrit durant l'enquête de personnalité comme un "garçon sans histoire, gentil, sportif, sérieux" et qui a obtenu son baccalauréat avec mention lors de sa détention, n'a marqué aucune animosité à l'endroit de sa famille.

Son inclination pour les jeux vidéo violents a été pointée par l'un des psychologues, mais les trois collèges d'experts sont apparus en désaccord sur la nature de son discernement. Les uns ont conclu à une abolition qui ne rendait pas le jeune homme accessible à une sanction pénale, les autres évoquant une simple "altération".

Ils ont été en revanche d'accord pour constater des "troubles de la personnalité, notamment de nature narcissique".

Peu avant la clôture des débats, Andy, qui arbore encore un physique d'adolescent frêle, avait déclaré à sa famille maternelle et paternelle qui s'était portée partie civile : "J'aime ma famille, je n'ai pas voulu les tuer."

Edité par Danielle Rouquié

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