L'Australie sans faire de bruit

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L'Australie sans faire de bruit
L'Australie sans faire de bruit

Vainqueurs faciles de leurs deux premiers matchs, les Wallabies pourraient sceller le sort de l'Angleterre, samedi à Twickenham. Ils en ont assurément les armes.

Ils tiennent là une occasion unique d’exorciser la blessure d’une finale de Coupe du monde perdue chez eux, face aux Anglais, il y a douze ans. Ce levier ne sera cependant utilisé qu’en interne de la meute de Wallabies qui s’avance vers Twickenham. Matt Giteau, seul rescapé du drame de Sydney (20-17), l’avait débuté sur le banc. Il devrait être titularisé samedi prochain par Michael Cheika, qui profite à plein de l’absence de pression sur les épaules de ses joueurs. « Nous, ça va, on est tranquille. Eux sont chez eux, c'est clair qu'ils sont favoris et que tout le monde va être contre nous. Mais nous, on commence à aimer ça », salivait-il à la perspective du choc.

Dean Mumm, papa et capitaine

C’était après une balade face à l’Uruguay clairsemée de onze essais pour le plus large succès de l’épreuve jusque-là (65-3). Prise avec sérieux, l’opposition a explosé en quelques combinaisons bien rôdées. Un bonus avant la demi-heure a rassuré Cheika, d’autant qu’il avait instauré un turn-over quasi intégral. « Tout le monde a joué et maintenant on peut choisir l'équipe qui peut continuer le tournoi, à commencer par le match contre l'Angleterre », sourit-il.

Dean Mumm en sera-t-il ? Le troisième ligne des Waratahs a vécu quelques jours dont on se souvient à vie. Nommé capitaine pour le match de dimanche dernier face à l’Uruguay, il a quitté quelques heures la résidence des Wallabies à Bath dans la nuit de vendredi pour aller assister à l’accouchement de sa femme à Londres. « J’ai encore la tête qui tourne, avouait-il à l’issue de la démonstration de force de Villa Park. Mais je ne l’ai pas encore porté. J’attends avec impatience de retourner à Londres maintenant », souriait-il.

« L'important, c'est d'être à notre meilleur niveau le jour où on joue l'Angleterre chez elle »

Il devra donc patienter jusqu’à jeudi, date de migration du clan australien vers Twickenham. Et son inoubliable week-end ne l’empêche pas de penser clairement. La victoire des Gallois sur l’Angleterre a-t-elle changé la donne ? « Ce sera de toute façon un gros choc face aux Anglais. Le contexte a peut-être un peu changé mais nous restons concentrés sur nous-mêmes et les améliorations que l’on peut apporter à notre jeu », glisse-t-il.

Nommé à l’automne dernier seulement en remplacement d’Ewen McKenzie, Michael Cheika a remis les Wallabies dans la bonne direction. Vainqueurs du Four Nations en dominant les All Blacks et de leurs deux premiers matchs de Coupe du monde avec un bel enthousiasme, les Australiens avancent à pas feutrés. Samedi à Twickenham, il sera impossible de se cacher plus longtemps. « On s'est très bien préparé ces trois derniers mois. J'ai compris après la tournée de novembre ce qu'il fallait améliorer pour être compétitifs, étant donné notre poule. L'important, c'est que l'on ne soit pas encore arrivé encore à notre meilleur niveau. L'important, c'est de l'être le jour où on joue l'Angleterre chez elle pour gagner. » Ce jour-là est presque arrivé : c’est samedi, 21h à Twickenham.

Silvère BEAU

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