L'Australie défend le durcissement de son droit d'asile

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    SYDNEY, 31 octobre (Reuters) - Le Premier ministre 
australien, Malcolm Turnbull, a défendu lundi une proposition 
visant à interdire aux demandeurs d'asile arrivés illégalement 
par la mer de revenir un jour en Australie, balayant les 
objections des organisations de défense des droits de l'homme. 
    Actuellement, les demandeurs d'asile interceptés en tentant 
de se rendre en Australie par bateau sont envoyés dans des camps 
en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou sur l'île de Nauru. Quelque 
1.200 d'entre eux sont actuellement retenus sur ces sites.  
    Malcolm Turnbull souhaite durcir encore la législation en 
interdisant à vie l'entrée sur le territoire australien à tous 
les demandeurs d'asile interceptés en mer, quand bien même leur 
statut de réfugié aurait été reconnu par un pays tiers, ce que 
contestent des avocats et des organisations d'aide aux réfugiés. 
    Selon  ces derniers, une telle disposition irait à 
l'encontre de la Convention relative au statut des réfugiés des 
Nations unies qui prévoit qu'aucun pays ne peut infliger de 
sanction à un réfugié en raison de sa présence ou de son entrée 
illégale sur le territoire. 
    Ces objections n'ont pas dissuadé Malcolm Turnbull de 
défendre son projet et son gouvernement devrait le présenter 
devant le Parlement dès cette semaine. 
    "Nous nous sommes renseignés auprès de juristes et nous 
sommes persuadés que (le projet) est conforme à la loi et à nos 
obligations internationales", a-t-il déclaré à la presse. 
    Le chef de l'exécutif australien devra toutefois obtenir 
l'aval de sénateurs indépendants ou de parlementaires 
appartenant au Parti travailliste pour que son projet devienne 
loi. 
    Les dispositions australiennes, qui permettent la détention 
des migrants sans limitation dans le temps sont sévèrement 
critiquées tant à l'étranger que sur l'île continent. 
    Le projet exposé par le Premier ministre laisse croire à 
certains observateurs qu'il a obtenu que les demandeurs d'asile 
actuellement détenus par l'Australie soient accueillis par un 
pays tiers. 
    Si cette "relocalisation" aboutissait, elle permettrait 
peut-être à Malcolm Turnbull de faire rebondir sa cote de 
popularité, au plus bas depuis qu'il est entré en fonction en 
2015. 
    L'Australie est d'autant plus soucieuse de trouver une 
solution rapide que la Cour suprême de Papouasie-Nouvelle-Guinée 
a ordonné la fermeture des centres de détentions installés sur 
son territoire. 
 
 (Colin Packham, Nicolas Delame pour le service français) 
 
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