L'Australie choquée par des images de maltraitance de détenus mineurs

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 (Actualisé avec contexte, déclaration d'un avocat des détenus) 
    par Matt Siegel et Tom Westbrook 
    SYDNEY, 26 juillet (Reuters) - Le Premier ministre 
australien Malcolm Turnbull a annoncé mardi l'ouverture d'une 
enquête concernant le traitement de mineurs placés en centres de 
détention après la diffusion d'images montrant des gardiens de 
prison soumettant des détenus adolescents à des gaz lacrymogènes 
ou encore attachant à une chaise un garçon cagoulé et à moitié 
nu. 
    Diffusés par la chaîne de télévision publique Australian 
Broadcasting Corporation (ABC), ces enregistrements de caméras 
de vidéosurveillance du centre de détention pour mineurs Don 
Dale, situé à Darwin, capitale du Territoire du Nord, montrent 
également des détenus être déshabillés de force, saisis par le 
cou et jetés dans une cellule et mis à l'isolement pendant de 
longues périodes. 
    "Comme tous les Australiens, j'ai été profondément choqué, 
choqué et horrifié par les images de maltraitance d'enfants", a 
déclaré Malcolm Turnbull sur la radio ABC tout en annonçant la 
mise sur pied d'une commission royale, soit une enquête publique 
de premier plan, disposant d'importants judiciaires. 
    "Nous allons agir vite, avec détermination pour tirer les 
choses au clair." 
    Les images de caméras de vidéosurveillance du centre Don 
Dale, enregistrées entre 2010 et 2014, soulève non seulement la 
question de la maltraitance des enfants mais aussi celle du 
traitement des Aborigènes, qui représentent 94% des détenus 
mineurs du Territoire du Nord. 
    Les Aborigènes représentent seulement trois pour cent de la 
population australienne mais 27% de la population carcérale du 
pays. 
     
    NOMBREUX RAPPORTS SUR LES CONDITIONS DE DÉTENTION 
    "Notre peuple (indigène) était au courant de ce genre de 
choses (...) et les voir exposées crûment à nos yeux doit agir 
comme une prise de conscience pour tout le monde en Australie", 
a déclaré Mick Gooda, commissaire à la justice sociale pour les 
Aborigènes et les indigènes du détroit de Torrès. 
    "Ce que nous avons hier soir est absolument honteux." 
    Un rapport relatif à certains des incidents montrés par les 
images vidéo, rédigé l'an dernier par la commissaire aux enfants 
du Territoire du Nord, avait condamné le comportement des 
gardiens, mais les conclusions de ce document avaient été 
contestées par ceux qui étaient alors à la tête des prisons et 
le texte n'avait donné lieu à aucune conséquence, a souligné la 
chaîne ABC. 
    Quelques heures après la diffusion des images de 
vidéosurveillance par ABC, le ministre en chef du Territoire du 
Nord Adam Giles a remercié son ministre chargé des questions 
pénitentiaires, estimant que les informations sur les abus dans 
les prisons lui avaient été cachées et dénonçant une "culture de 
dissimulation" au sein du système pénitentiaire. 
    L'avocat Peter O'Brien, qui représente Dylan Voller et Jake 
Roper, deux des jeunes victimes de maltraitance, a dit qu'il 
allait porter plainte en leur nom contre l'état du Territoire du 
Nord. 
    "Il semblerait que ces maltraitances font partie du coeur du 
système", précise-t-il dans un communiqué, appelant à la 
libération immédiate de Dylan Voller, aujourd'hui incarcéré dans 
une prison pour adultes, et à celle de tous les enfants détenus 
dans le Territoire du Nord. 
    Gillian Triggs, présidente de la commission des droits de 
l'homme australienne, a salué l'annonce de l'ouverture d'une 
enquête tout en rappelant que son organisation fait des rapports 
depuis des années sur l'emprisonnement de la population 
indigène, en particulier les mineurs. 
    "(...) Et nous avons eu beaucoup, beaucoup de détails (...) 
sur les affreuses conditions de leur détention." 
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
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