L'Australie choisit DCNS pour un contrat géant de sous-marins

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 (Actualisé avec ministre japonais, précisions sur le contrat, 
derniers §§) 
    par Colin Packham et Nobuhiro Kubo 
    SYDNEY/TOKYO, 26 avril (Reuters) - Le constructeur naval 
militaire français DCNS a remporté un appel d'offres de 12 
sous-marins pour la marine australienne, un contrat dont le 
montant total est évalué à 50 milliards de dollars australiens 
(34 milliards d'euros) sur 50 ans, a annoncé mardi le Premier 
ministre australien. 
    Malcolm Turnbull a précisé que les bâtiments destinés à 
remplacer des sous-marins australiens de la classe Collins 
seraient construits dans l'Etat d'Australie méridionale, un 
point crucial pour les autorités de ce pays avant des élections 
législatives anticipées le 2 juillet. 
     DCNS, filiale à 35% de l'équipementier Thales  TCFP.PA , 
était en compétition pour cet énorme contrat avec l'allemand 
Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS)  TKAG.DE  et un consortium 
japonais. 
    "Les recommandations de notre commission d'évaluation, du 
ministère de la Défense et des experts (...) étaient sans 
équivoque sur le fait que l'offre française était la mieux à 
même de satisfaire les demandes spécifiques de l'Australie", a 
déclaré Malcolm Turnbull à des journalistes à Adelaïde, la 
capitale de l'Australie méridionale. 
    La France s'est également réjouie de ce nouveau succès pour 
son industrie d'armement, parlant de choix "historique". 
    "Il marque une avancée décisive dans le partenariat 
stratégique entre les deux pays, qui vont coopérer durant 50 
années sur l'élément majeur de souveraineté que représente la 
capacité sous-marine", a souligné le président François Hollande 
dans un communiqué. 
    "Ce nouveau succès sera créateur d'emplois et de 
développement en France comme en Australie", a-t-il assuré. 
    Le Premier ministre Manuel Valls a également salué un 
"magnifique succès" pour DCNS et l'industrie française. 
    Contacté par Reuters, un porte-parole de DCNS à Paris a 
indiqué que le constructeur naval français s'exprimerait vers 
8h30 (6h30 GMT). 
     
    UN SOUS-MARIN HYBRIDE 
    DCNS a proposé de fournir à l'Australie une version hybride 
(diesel-électrique) de son sous-marin à propulsion nucléaire 
Barracuda (5.000 tonnes). 
    TKMS proposait de son côté une version agrandie de son Type 
214 de 2.000 tonnes, tandis que le consortium japonais formé par 
l'Etat, Mitsubishi Heavy Industries  7011.T  et Kawasaki Heavy 
Industries  7012.T , présentait une variante du Soryu (4.000 
tonnes), qui utilise des batteries lithium-ion. 
    Mitsubishi et Kawazaki perdaient respectivement 3,68% et 
3,52% à la Bourse de Tokyo vers 4h10 GMT. 
    Le Japon, qui comptait sur ce contrat pour développer son 
industrie militaire naissante, a demandé à l'Australie de lui 
expliquer pourquoi son offre n'avait pas été retenue. 
    "C'est une décision profondément regrettable", a déploré le 
ministre japonais de la Défense, Gen Nakatani, précisant avoir 
été informé lundi de la décision australienne. 
    Plusieurs sources avaient déclaré en janvier à Reuters que 
DCNS et le consortium japonais avaient une longueur d'avance 
dans ce dossier ( ), tandis qu'il y a une semaine, la 
chaîne australienne ABC avait laissé entendre que les Japonais 
n'étaient plus dans la course. 
     
    "EXPÉRIENCE DU TRANSFERT DE TECHNOLOGIES" 
    Le mois dernier, la directrice générale adjointe de DCNS, 
Marie-Pierre de Bailliencourt, s'était dite confiante dans les 
chances du constructeur naval français lors d'un entretien 
téléphonique à Reuters.   
    "Nous avons l'expérience du travail avec des pays amis, du 
transfert de technologies et de la maîtrise des risques des 
programmes", avait-elle déclaré.  
    Marie-Pierre de Bailliencourt avait dit à l'époque espérer 
que l'Australie annoncerait son choix en juin mais la décision 
de Malcolm Turnbull de convoquer des élections législatives 
anticipées le 2 juillet a accéléré le processus. 
    L'attribution de ce contrat représentait un enjeu politique 
majeur pour le gouvernement australien, puisqu'il impactera des 
milliers d'emplois dans l'Etat d'Australie méridionale où le 
Parti libéral du Premier ministre jouera une partie de son 
avenir politique. 
    "La priorité est que l'Australie obtienne (de ce contrat) de 
vrais bénéfices en matière d'emploi et d'expérience pour 
l'avenir", avait déclaré Scott Morrisson, le ministre australien 
chargé des dépenses publiques (trésorier), avant que ne soit 
annoncé le vainqueur de l'appel d'offres. 
    L'estimation totale du montant du contrat ne concerne que 
les 12 sous-marins mais aussi divers équipements dont des 
systèmes de combat pour lesquels l'américain Raytheon  RTN.N , 
qui équipe déjà les sous-marins australiens de classe Collins, 
s'est positionné en compagnie de Lockheed Martin  LMT.N , qui 
fournit la flotte sous-marine américaine. 
    La décision concernant les systèmes de combat sera prise 
plus tard cette année. 
 
 (Avec Tim Kelly à Tokyo et Matt Siegel à Sydney; Cyril Altmeyer 
et Tangi Salaün pour le service français) 
 

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