L'Australie choisit DCNS pour un contrat géant de sous-marins

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DCNS REMPORTE LE CONTRAT GÉANT DE SOUS-MARINS POUR L'AUSTRALIE
DCNS REMPORTE LE CONTRAT GÉANT DE SOUS-MARINS POUR L'AUSTRALIE

par Colin Packham et Nobuhiro Kubo

SYDNEY/TOKYO (Reuters) - Le constructeur naval militaire français DCNS a remporté un appel d'offres de 12 sous-marins pour la marine australienne, un contrat dont le montant total est évalué à 50 milliards de dollars australiens (34 milliards d'euros) sur 50 ans, a annoncé mardi le Premier ministre australien.

Malcolm Turnbull a précisé que les bâtiments destinés à remplacer des sous-marins australiens de la classe Collins seraient construits dans l'Etat d'Australie méridionale, un point crucial pour les autorités de ce pays avant des élections législatives anticipées le 2 juillet.

DCNS, filiale à 35% de l'équipementier Thales, était en compétition pour cet énorme contrat avec l'allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) et un consortium japonais.

"Les recommandations de notre commission d'évaluation, du ministère de la Défense et des experts (...) étaient sans équivoque sur le fait que l'offre française était la mieux à même de satisfaire les demandes spécifiques de l'Australie", a déclaré Malcolm Turnbull à des journalistes à Adelaïde, la capitale de l'Australie méridionale.

La France s'est également réjouie de ce nouveau succès pour son industrie d'armement, parlant de choix "historique".

"Il marque une avancée décisive dans le partenariat stratégique entre les deux pays, qui vont coopérer durant 50 années sur l'élément majeur de souveraineté que représente la capacité sous-marine", a souligné le président François Hollande dans un communiqué.

"Ce nouveau succès sera créateur d'emplois et de développement en France comme en Australie", a-t-il assuré.

Le Premier ministre Manuel Valls a également salué un "magnifique succès" pour DCNS et l'industrie française.

Contacté par Reuters, un porte-parole de DCNS à Paris a indiqué que le constructeur naval français s'exprimerait vers 8h30.

UN SOUS-MARIN HYBRIDE

DCNS a proposé de fournir à l'Australie une version hybride (diesel-électrique) de son sous-marin à propulsion nucléaire Barracuda (5.000 tonnes).

TKMS proposait de son côté une version agrandie de son Type 214 de 2.000 tonnes, tandis que le consortium japonais formé par l'Etat, Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries, présentait une variante du Soryu (4.000 tonnes), qui utilise des batteries lithium-ion.

Mitsubishi et Kawazaki perdaient respectivement 3,68% et 3,52% à la Bourse de Tokyo vers 4h10 GMT.

Le Japon, qui comptait sur ce contrat pour développer son industrie militaire naissante, a demandé à l'Australie de lui expliquer pourquoi son offre n'avait pas été retenue.

"C'est une décision profondément regrettable", a déploré le ministre japonais de la Défense, Gen Nakatani, précisant avoir été informé lundi de la décision australienne.

Plusieurs sources avaient déclaré en janvier à Reuters que DCNS et le consortium japonais avaient une longueur d'avance dans ce dossier, tandis qu'il y a une semaine, la chaîne australienne ABC avait laissé entendre que les Japonais n'étaient plus dans la course.

"EXPÉRIENCE DU TRANSFERT DE TECHNOLOGIES"

Le mois dernier, la directrice générale adjointe de DCNS, Marie-Pierre de Bailliencourt, s'était dite confiante dans les chances du constructeur naval français lors d'un entretien téléphonique à Reuters.

"Nous avons l'expérience du travail avec des pays amis, du transfert de technologies et de la maîtrise des risques des programmes", avait-elle déclaré.

Marie-Pierre de Bailliencourt avait dit à l'époque espérer que l'Australie annoncerait son choix en juin mais la décision de Malcolm Turnbull de convoquer des élections législatives anticipées le 2 juillet a accéléré le processus.

L'attribution de ce contrat représentait un enjeu politique majeur pour le gouvernement australien, puisqu'il impactera des milliers d'emplois dans l'Etat d'Australie méridionale où le Parti libéral du Premier ministre jouera une partie de son avenir politique.

"La priorité est que l'Australie obtienne (de ce contrat) de vrais bénéfices en matière d'emploi et d'expérience pour l'avenir", avait déclaré Scott Morrisson, le ministre australien chargé des dépenses publiques (trésorier), avant que ne soit annoncé le vainqueur de l'appel d'offres.

L'estimation totale du montant du contrat ne concerne que les 12 sous-marins mais aussi divers équipements dont des systèmes de combat pour lesquels l'américain Raytheon, qui équipe déjà les sous-marins australiens de classe Collins, s'est positionné en compagnie de Lockheed Martin, qui fournit la flotte sous-marine américaine.

La décision concernant les systèmes de combat sera prise plus tard cette année.

(Avec Tim Kelly à Tokyo et Matt Siegel à Sydney; Cyril Altmeyer et Tangi Salaün pour le service français)

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  • pascalcs il y a 8 mois

    Bravo à l'équipe de la DCNS dont les sous marins ne sont pas les seuls produits avec une très forte position technologique. Leur frégates furetives sont aussi en pointe absolue dans l'offre mondiale.