L'Australie accuse les réfugiés de mentir sur les abus sexuels

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    SYDNEY, 11 août (Reuters) - L'Australie a accusé jeudi des 
demandeurs d'asile détenus dans un camp situé sur un île du 
Pacifique d'avoir menti concernant des agressions sexuelles afin 
de pouvoir gagner l'île-continent, réagissant ainsi à un article 
de presse faisant état de nombreux abus survenus dans le centre 
de détention de Nauru. 
    Le Guardian Australia a publié mercredi des documents 
répertoriant plus de 2.000 incidents, dont des cas d'abus 
sexuels, d'agressions et de tentatives d'auto-mutilation, 
survenus pendant deux dans ce centre, plus de la moitié des cas 
concernant des enfants.   
    Peter Dutton, ministre de l'Immigration australien, a 
déclaré que les demandeurs d'asile mentaient au sujet des abus 
sexuels, réaffirmant des propos tenus plus tôt cette année selon 
lesquels les avocats des réfugiés encouragent ces derniers à 
s'auto-mutiler et à s'immoler. 
    "J'ai eu connaissance de certains cas de fausses 
affirmations d'agressions sexuelles car, au bout du compte, les 
gens ont versé de l'argent à des trafiquants et ils veulent 
venir dans notre pays", a-t-il dit lors d'un entretien à la 
radio. 
    "Certaines personnes sont allées jusqu'à l'auto-mutilation, 
d'autres se sont immolées en vue d'entrer en Australie. De toute 
évidence, certains ont fait de fausses déclarations." 
    Ces centres de détention de l'Australie, qui en compte 
également un en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ainsi que l'arsenal 
législatif draconien dont s'est doté le pays à l'encontre des 
réfugiés qui tentent de se rendre sur l'île-continent ont fait 
l'objet de vives critiques de la part des Nations unies et 
d'associations de droits de l'homme. 
    Depuis 2012, ceux qui sont interceptés en mer alors qu'ils 
tentent de gagner le pays sont expédiés dans des camps qualifiés 
de dangereux et insalubres à Nauru et en 
Papouasie-Nouvelle-Guinée, et n'ont plus le droit de demander 
l'asile en Australie. 
 
 (Matt Siegel, Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
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