L'austérité au révélateur des urnes en Galice et au Pays basque

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SCRUTIN RÉGIONAL TEST POUR MARIANO RAJOY
SCRUTIN RÉGIONAL TEST POUR MARIANO RAJOY

par Julien Toyer

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, joue gros ce dimanche lors des élections au Pays basque et en Galice, sa région natale qu'il espère maintenir dans le giron du Parti populaire (PP, droite) malgré le mécontentement suscité par sa politique d'austérité.

L'issue du scrutin en Galice, dans le nord-ouest du pays, semble d'autant plus difficile à prédire que près de 40% des électeurs disaient dans un récent sondage n'avoir toujours pas fait leur choix.

Les résultats de cette étude, publiée dans le journal La Voz de Galicia, laissent toutefois entendre que le PP devrait conserver ce fief traditionnel de la droite malgré le contexte peu favorable aux partis au pouvoir en Europe.

Les autorités régionales de Galice ont adopté des mesures de rigueur budgétaire avant même que Mariano Rajoy n'arrive aux affaires à Madrid il y a un an et n'impose à l'Espagne une sévère cure d'austérité.

Le scrutin régional s'est transformé en Galice en un référendum pour ou contre le président du gouvernement et sa politique.

Mariano Rajoy aurait repoussé à l'après-scrutin une demande d'aide financière à l'Union européenne afin de ne pas pâtir électoralement de cette démarche, dit-on dans les milieux communautaires.

Il craignait notamment que les contreparties exigées par Bruxelles, comme une réforme du système des retraites, n'eût un effet catastrophique sur les électeurs.

MANIFESTATIONS ET TENSIONS SOCIALES

Le Parti populaire a dirigé la province de Galice au total pendant 24 ans sur les 31 ans d'existence des régions autonomes. Une défaite serait interprétée comme un camouflet retentissant pour la droite et son chef de file.

A l'opposé, un succès électoral relancerait un Premier ministre en chute libre dans les sondages, dans un contexte de manifestations et de tensions sociales provoquées par la baisse des dépenses publiques et la hausse des impôts.

"Nous avons besoin d'un changement", juge Goretti Gonzalez, une employée municipale de 32 ans, qui devrait perdre cette année l'équivalent d'un mois de salaire après avoir déjà subi une baisse de 5% de ses émoluments il y a deux ans.

Un avis pas forcément partagé par l'ensemble de l'électorat galicien. "J'ai voté aujourd'hui pour les mêmes que ceux pour lesquels j'ai voté à l'élection précédente. Je ne pense pas qu'ils gèrent les choses de façon totalement mauvaise", estime un retraité qui souhaite garder l'anonymat.

Au Pays basque, le débat électoral a moins porté sur la rigueur économique que sur le partage des pouvoirs entre Madrid et la province, qui jouit déjà d'une grande autonomie en étant la seule région d'Espagne à lever ses propres impôts sur le revenu et sur les sociétés.

Les autorités basques, comme celles de la Catalogne où l'on votera le 25 novembre, accusent le pouvoir central de chercher à rogner sur les prérogatives des 17 régions autonomes en arguant de la crise.

Les formations prônant une autonomie accrue ou même l'indépendance du Pays basque, à commencer par le Parti nationaliste basque (PNV, droite nationaliste) d'Inigo Urkullu, devraient revenir au pouvoir, au grand dam des autorités de Madrid qui dénoncent le laxisme financier de certaines régions en partie responsables, selon elles, de l'incapacité de l'Espagne à atteindre l'an dernier son objectif de réduction du déficit budgétaire.

Avec Catherine MacDonald à Vigo, Pascal Liétout pour le service français

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