L'audit bancaire comme tremplin à une aide en Espagne

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L'AUDIT BANCAIRE POURRAIT ÊTRE UN TREMPLIN À UNE DEMANDE D?AIDE DE L?ESPAGNE
L'AUDIT BANCAIRE POURRAIT ÊTRE UN TREMPLIN À UNE DEMANDE D?AIDE DE L?ESPAGNE

par Julien Toyer et Jesús Aguado

MADRID (Reuters) - Un audit indépendant des banques espagnoles, semblant, avec le budget d'austérité annoncé jeudi, préparer le terrain à une demande d'aide internationale, devrait montrer que ces dernières ont besoin d'environ 60 milliards d'euros de fonds propres.

Les résultats de cet audit fait par le cabinet Oliver Wyman seront rendus publics lors d'une conférence de presse au ministère de l'Economie à 16h00 GMT.

Une source gouvernementale avait déclaré à Reuters que le montant varierait de 55 à 60 milliards d'euros mais l'Espagne aura en fait besoin d'une somme moins importante. "Ça pourrait tourner autour de 40 milliards d'euros", a estimé cette source.

Cet écart s'expliquerait par le fait que certaines banques devraient pouvoir lever du capital sans aide extérieure. En outre, tous leurs actifs toxiques, immobiliers en particulier, seront transférés à une structure de défaisance et les créanciers obligataires devront accepter une forte décote.

Des sources bancaires ont précisé que les crédits d'impôt ne seront sans doute pas pris en compte. Pour Bankia, dans laquelle l'Etat a déjà injecté 4,5 milliards d'euros, le besoin de fonds propres pourrait augmenter de six milliards d'euros à 25 milliards, compte non tenu de cette première injection.

Le montant pourrait aussi être revu à la hausse pour trois autres établissements nationalisés: CatalunyaCaixa, NovaGalicia et Banco de Valencia.

L'Espagne doit aussi se préparer à une décision de l'agence Moody's attendue d'ici la fin du mois. Elle est actuellement notée par elle juste un cran au-dessus de la catégorie spéculative ("junk").

Autre paramètre susceptible d'influer sur l'audit: les hypothèses économiques sur lequel il est fondé, soit une contraction du Produit intérieur brut (PIB) de 0,3% en 2013, prévision qui apparaît d'ores et déjà dépassée.

Analystes et organismes internationaux anticipent eux 1,2% à 1,5% de contraction, plus proche du scénario pessimiste qui donne -2,1% l'an prochain.

Selon des sources proches du dossier, Oliver Wyman s'en tiendra à ses hypothèses d'origine, qu'elles soient de base ou extrêmes, démentant des informations des médias espagnols suivant lesquelles les hypothèses auraient été révisées pour le pire.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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