L'attente et l'angoisse des Syriens du côté turc de la frontière

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    par Humeyra Pamuk 
    ONCUPINAR, Turquie, 6 février (Reuters) - Des dizaines de 
Syriens réfugiés en Turquie ont rejoint le poste frontalier 
d'Oncupinar pour tenter d'aider leurs proches bloqués de l'autre 
côté de la frontière.  
    Ils demandent aux autorités turques de leur ouvrir les 
portes, fermées depuis onze mois, pour faire entrer leurs 
compatriotes ou aller les chercher en territoire syrien.  
    Plusieurs dizaines de milliers d'habitants de la région 
d'Alep -- 60.000 environ selon le Premier ministre turc Ahmet 
Davutoglu -- fuyant les bombardements de l'aviation russe et une 
vaste offensive des forces gouvernementales syriennes ont fui 
vers le nord et la frontière turque ces derniers jours. 
    Assis dans sa voiture avec ses quatre enfants, Ahmet Sadul, 
43 ans, espère pouvoir revenir en territoire syrien pour 
retrouver les membres de sa famille.  
    Natif d'Azaz, il vit actuellement dans la ville turque de 
Kilis, à quelques km d'Oncupinar.  
    "Il y a aujourd'hui des milliers de gens d'Azaz qui 
attendent de l'autre côté de la frontière. Ils fuient les 
Russes. Je veux y aller et retrouver mes proches. Ils bombardent 
les Syriens en permanence", dit-il.  
    "Beaucoup de gens ont quitté Alep. Mais il reste encore 
beaucoup de civils là-bas. Si la Russie réussit, nous serons 
tous morts." 
    Abdulkerim Hannura, un employé des douanes syriennes âgé de 
32 ans, déclare que les Russes bombardent les villages de sa 
région depuis quinze jours.  
    "Les gens viennent à la frontière et veulent repartir en 
Syrie avec l'espoir de ramener leurs proches en Turquie. Nous 
essayons de sauver nos proches, nos familles", explique-t-il.    
  
    La Turquie, qui a accueilli plus de 2,5 millions de réfugiés 
syriens depuis le début du conflit en 2011, applique 
officiellement une politique de la porte ouverte mais certains 
postes frontaliers sont régulièrement fermés pour des raisons de 
sécurité ou autres.  
    Le poste d'Oncupinar est ainsi fermé depuis mars dernier 
pour raisons de sécurité, même si les autorités l'ouvrent de 
temps à autre aux réfugiés.  
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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