L'attentat de Nice affaiblit Hollande à dix mois des élections

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HOLLANDE AFFAIBLI PAR L'ATTAQUE DE NICE
HOLLANDE AFFAIBLI PAR L'ATTAQUE DE NICE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Contrairement aux attentats de 2015, qui avaient permis à François Hollande de s'affirmer en protecteur de la Nation, l'attaque au camion de jeudi dernier à Nice affaiblit le chef de l'Etat à 10 mois de l'élection présidentielle de 2017.

Sans respecter le délai de décence d'usage, les principaux dirigeants de la droite se sont engouffrés dans la brèche révélée par un sondage publié lundi par le Figaro.

Seulement 33% des Français interrogés par l'Ifop après l'attentat de Nice disent faire confiance au chef de l'Etat et au gouvernement pour lutter contre le terrorisme, un décrochage brutal de 17 points par rapport à novembre 2015.

La lutte contre le terrorisme était un sujet sur lequel François Hollande était "encore relativement crédible", souligne le directeur du département opinion de l'Ifop, Jérôme Fourquet. "Là, c'est en train de s'effondrer."

Le directeur général adjoint de l'Ifop, Frédéric Dabi, n'hésite pas à parler de "vrai tournant" et le politologue Thomas Guénolé de "rupture fondamentale".

Illustration de l'état de l'opinion, le Premier ministre Manuel Valls a été lundi copieusement hué et sifflé, aux cris de "démission", par la foule rassemblée à Nice pour observer une minute de silence à la mémoire des victimes.

Plusieurs facteurs contribuent à alimenter le doute dans l'opinion sur la stratégie antiterroriste du gouvernement.

Ce premier attentat de masse en province, alors que ceux de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et un supermarché juif et du 13 novembre contre une salle de spectacle et des cafés ont avant tout atteint Paris, confirme que personne n'est à l'abri.

"Le nombre de victimes, le type de victimes, des familles venues au 14-Juillet, le fait que ce soit en province et le mode opératoire, un camion lancé dans la foule, montrent plus que jamais que cela concerne M. et Mme Tout Le Monde", souligne ainsi Jérôme Fourquet. D'où une exigence accrue de protection.

VOLTE-FACE DÉVASTATRICE

Face à l'accumulation de morts (plus de 230 en 18 mois) le discours du gouvernement sur la probabilité d'autres attentats et la nécessité pour la société française d'être "résiliente" et unie face à ce risque ne passe plus, estiment les analystes.

La coïncidence entre l'attentat de Nice et l'annonce, quelques heures auparavant par François Hollande, lors de son interview télévisée du 14-Juillet, d'une prochaine levée de l'Etat d'urgence instauré en novembre et d'un allègement du dispositif Sentinelle a été particulièrement dévastatrice.

Sa volte-face dans la foulée de la tuerie, avec l'annonce que l'état d'urgence et l'opération Sentinelle seraient en fin de compte maintenus, a "nourri un doute très profond sur la stratégie gouvernementale", estime Jérôme Fourquet.

"Cela donne le sentiment que l'exécutif est ballotté par les événements et c'est une impression qui va être de plus en plus forte chez les Français", prédit Frédéric Dabi.

Un doute déjà suscité par le recul de François Hollande sur sa promesse d'inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux coupables de terrorisme, et accentué par l'accueil glacial réservé par le gouvernement à un récent rapport parlementaire sur la lutte anti-terroriste.

La commission à l'origine du rapport, présidée par le député Les Républicains (LR) Georges Fenech, propose une refonte des services de renseignement pour remédier à leurs lacunes.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a rejeté ses principales propositions huit jours avant l'attentat de Nice, commis par un Tunisien inconnu de ces services.

Les principaux candidats, déclarés ou potentiels, à la primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2017 se sont immédiatement emparés du massacre de Nice pour dresser le procès en incompétence de François Hollande et du gouvernement.

"Tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois (...) ne l'a pas été", a ainsi déclaré dimanche soir sur TF1 le président de LR et ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy.

"LE ROI EST NU"

Les éditorialistes des quotidiens marqués à droite se montrent aussi très sévères. Ainsi, pour Nicolas Baverez, du Figaro, "François Hollande est ridiculisé", la France "est en passe de perdre la guerre contre l'Etat islamique" et le chef de l'Etat socialiste "en porte la responsabilité première".

"Face à un constat aussi effrayant, impossible de ne pas demander des comptes", renchérit dans l'Opinion Nicolas Beytout, pour qui la cohésion nationale "ne doit pas étouffer le débat".

Les éditorialistes ne sont pas seuls à juger sévèrement le pouvoir. François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, invite ainsi les autorités à se ressaisir, dans une tribune publiée par Le Monde.

Thomas Guénolé reconnaît une part d'injustice dans ce déchaînement de critiques mais se réjouit que l'attentat de Nice ait mis fin à une forme d'"omerta".

"Le roi est nu", dit-il à Reuters. "Avant, il restait quelque chose du réflexe collectif poussant à être derrière le gouvernement. L'exigence de rendre des comptes l'a détruit."

Pour Jérôme Fourquet, Nicolas Sarkozy, qui peut faire valoir son expérience du pouvoir, a en revanche "marqué des points".

Cette situation fait également le jeu du Front national, dont le triptyque "insécurité-immigration-défense de l'identité nationale" ne peut que progresser dans les esprits à la faveur de tels drames, dit Frédéric Dabi.

Le parti d'extrême droite revendique ainsi un afflux d'adhésions ces derniers jours.

Après cinq mois pendant lesquels le débat politique s'est focalisé sur un projet de loi Travail censé faciliter la lutte contre le chômage, l'attentat de Nice a remis la sécurité en tête des priorités des Français, estime Jérôme Fourquet.

"Ce thème pourrait même écraser tous les autres", ajoute-t-il. "La campagne de la primaire à droite va être fortement placée sous le signe de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, avec une prime à celui qui parle le plus fort."

Pour Frédéric Dabi, les questions de sécurité constitueront sans doute ensuite la "toile de fond" de la présidentielle.

Thomas Guénolé prédit pour sa part une campagne "vraiment sale" dans laquelle "on ne retiendra plus les coups".

(Edité par Yves Clarisse)

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  • bsdm il y a 5 mois

    Comparez la dépèche Reuters et la dépèche afp : on voit la différence !!

  • M8252219 il y a 5 mois

    Commémoration !!!! que de moyens déployés(service d'ordre impressionnant, avions , déplacement en nombre des élus) pour ces commémorations certes indispensables mais ses énormes moyens seraient mieux employés pour éviter les commémorations .Être élu c'est être efficaces avec les moyens mis à disposition.

  • j.doury il y a 5 mois

    je ne comprends pas que l'on nous parle de sarkozy , c'est totalement hors sujet.

  • j.doury il y a 5 mois

    frenchto , je le répète encore une n ième fois au socialistes comme toi. Sarkozy n'est actuellement pas président. c'est le trou de balle pour lequel tu as voté. il serait assez digne de ta part d'assumer ton choix et d'arreter de cracher sur des gens qui n'ont pas de responsabilités.

  • M2266292 il y a 5 mois

    L'inutile hollande ne protège rien aucune mesure de sécurité depuis janvier. Tout va mieux pauvre intello, dehors, démission et vite

  • frk987 il y a 5 mois

    On a besoin de super flics capables d'infiltrer des réseaux, des super flics au GIGN, mais de grâce qu'on arrête avec les niaiseries que l'on voit le long des routes.

  • opelin il y a 5 mois

    Il est facile de dire que c'est Sarko qui a réduit le nombre de policiers alors que ça fait 4 ans qu'Hollande est au pouvoir et qu'il aurait pu rectifier le tir !!! Le prétexte de l'héritage ça marche quelques semaines, voire mois mais 4 ans ...

  • frk987 il y a 5 mois

    Pas d'accord frenchto, on peut fort bien réduire les effectifs en oubliant d'aller faire des contrôles de vitesses le dimanche après-midi sur des lignes droites et le tout payé en heures doubles. on peut aussi éviter de faire des contrôles de pollution à Paris sur de vieux véhicules, le CT devrait y suffire. Voilà à quoi passe son temps la police, à des actions stupides et inutiles mais qui rapportent.

  • frenchto il y a 5 mois

    C'est vrai qu'on peut se demander à juste titre ce qui a été fait pour limiter le risque d'attentat. Il n'empêche, ce n'est pas SARKO avec ses baisses d'effectifs dans la police et la magistrature qui ferait mieux

  • mlaure13 il y a 5 mois

    Cet" état d'urgence", est un cautère sur jambes de bois...Comme disaient nos Gds-Mères...ce n'est pas quand on à fait Kaka dans les draps, qu'il faut serrer les fesses...Ce ne sont pas atermoiements et jérémiades dont nous avons besoin, mais d'actes responsables et forts...ce qui n'est pas la "tasse de thé" de nos Rentiers/Politicards ma//fieux, bien calés dans leurs fauteuils sous les ORS de la république de plus en plus bananière...:-(((