L'attentat d'Istanbul attribué à un membre de l'EI

le , mis à jour à 18:21
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    * Trois Israéliens et un Iranien tués dans l'attentat 
    * Le kamikaze identifié par une analyse ADN 
    * Sécurité renforcée en Turquie, un match de football annulé 
à la suite d'une "menace sérieuse" 
 
 (Actualisé avec précisions sur les mesures de sécurité, § 9 à 
13) 
    par Ece Toksabay et Ayla Jean Yackley 
    ISTANBUL, 20 mars (Reuters) - L'auteur de l'attentat-suicide 
commis samedi matin à Istanbul appartenait à l'organisation Etat 
islamique (EI), a déclaré dimanche le ministre turc de 
l'Intérieur, Efkan Ala. 
    "Nous avons établi que Mehmet Ozturk, né en 1992 à Gaziantep 
(ndlr, dans le sud de la Turquie), a commis l'attaque haineuse 
de samedi à Istanbul. Il a été établi qu'il était membre de 
Daech", a-t-il dit lors d'une conférence de presse télévisée. 
    Cinq personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête, 
a ajouté le ministre.  
    Le kamikaze, dont l'identité à été déterminée par une 
analyse d'ADN, a actionné sa ceinture d'explosifs samedi matin 
rue Istiklal, artère commerçante piétonne de la partie 
européenne d'Istanbul très fréquentée par les touristes. Quatre 
personnes ont été tuées -- trois Israéliens et un Iranien. On 
compte également 36 blessés, selon le dernier bilan communiqué 
par les autorités turques. 
    L'attaque n'a pas été revendiquée. Samedi, les autorités 
turques avaient évoqué deux pistes possibles: les islamistes de 
l'EI ou les séparatistes kurdes.  ID:nL5N16R0AP  
    C'est la deuxième fois en un peu plus de deux mois 
qu'Istanbul est la cible d'un attentat suicide: le 12 janvier, 
un kamikaze avait frappé le quartier touristique de Sultanahmet, 
tuant au moins douze touristes allemands. L'attaque avait été 
imputée à l'EI. 
    La capitale, Ankara, a également été secouée par deux 
attentats ces dernières semaines. Le 13 mars dernier, 37 
personnes ont péri dans un attentat à la voiture piégée. Le 17 
février, une attaque similaire avait fait 29 morts. Ces deux 
attentats ont été revendiqués par les Faucons de la liberté au 
Kurdistan (TAK), un groupe dissident du Parti des travailleurs 
du Kurdistan (PKK). 
     
    SÉCURITÉ RENFORCÉE 
    Dimanche, les forces de police turques étaient en alerte 
renforcée dans tout le pays en raison aussi des inquiétudes 
liées au nouvel an kurde. Les fêtes de Nevruz ont souvent 
coïncidé dans le passé avec une résurgence des opérations armées 
du PKK.  
    Le ministre de l'Intérieur a indiqué que 200.000 policiers 
et gendarmes étaient mobilisés. Efkan Ala a précisé que des 
centaines d'équipes d'artificiers étaient prêts à agir. Mais il 
a reconnu la difficulté de la tâche. "Nous devons prendre toutes 
les mesures pour éviter tout acte terroriste. Mais il y a 
parfois des attentats suicide qui sont difficiles à éviter", 
a-t-il dit. 
    Plusieurs manifestations et cérémonies ont été interdites 
par mesure de précaution par les autorités. La rencontre de 
football entre Fenerbahce et Galatasaray, deux clubs d'Istanbul, 
prévue ce dimanche à 20h00 (18h00 GMT), a été annulée en raison 
d'une "menace sérieuse" et le stade évacué, selon la chaîne de 
télévision CNN Turk. 
    Dimanche dans l'après-midi, des Turcs se sont rassemblés sur 
la rue Istiklal, qui était désertée depuis samedi, pour rendre 
hommage aux victimes de l'attentat et proclamer leur refus de 
céder au terrorisme.  
    "Nous sommes là, nous n'avons pas peur", pouvait-on lire sur 
des affichettes disposées au milieu de bouquets de fleurs sur le 
mémorial improvisé, tandis que des habitants avaient accroché 
des drapeaux turcs à leurs fenêtre. 
    Lors d'un discours prononcé à Istanbul, le président turc, 
Recep Tayyip Erdogan, a réaffirmé que "la Turquie ne céderait 
jamais face au programme du terrorisme". "Nous vaincrons le 
terrorisme", a-t-il ajouté. 
 
 (Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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