L'attentat à Tunis a fait 13 morts, dont le kamikaze

le , mis à jour à 16:38
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 (Ajoute revendication) 
    par Tarek Amara 
    TUNIS, 25 novembre (Reuters) - L'attentat commis mardi à 
Tunis contre un bus de la garde présidentielle a fait 13 morts 
dont le kamikaze, ont annoncé mercredi les autorités tunisiennes 
qui ont rétabli l'état d'urgence, levé en octobre, et renforcé 
la sécurité dans la capitale. 
    L'attentat a été revendiqué mercredi par le groupe 
djihadiste Etat islamique, dans un communiqué sur internet.  
    La Tunisie, présentée comme un modèle d'évolution 
démocratique dans la foulée du "printemps arabe" en 2011, est de 
plus en plus fréquemment la cible d'islamistes. 
    "C'est une évolution dans le comportement des terroristes. 
Cette fois-ci, ils s'en sont pris à un symbole de l'Etat, au 
coeur de la capitale", a dit le Premier ministre, Habib Essid, à 
la presse à l'issue d'une réunion sur la sécurité. 
    Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le ministère 
de l'Intérieur annonce que les analyses de la police 
scientifique ont permis d'identifier les victimes appartenant à 
la sécurité présidentielle à partir de leurs empreintes. 
    "Le 13ème corps est soupçonné être celui du terroriste qui a 
provoqué l'explosion", dit le ministère qui explique que l'état 
du corps de kamikaze présumé ne permet pas de relever ses 
empreintes digitales et qu'une identification par analyse d'ADN 
est en cours. 
    "Un sac à dos ou bien une ceinture explosive contenant 10 
kilogrammes d'explosifs militaires a été utilisé dans cet 
attentat", ajoute-t-il. 
    Il s'agit du premier attentat suicide dans la capitale 
tunisienne. En octobre 2013, un kamikaze s'était fait exploser 
sur une plage de Sousse, et, le 11 avril 2002, un attentat 
suicide revendiqué par Al Qaïda avait visé la synagogue de 
Djerba, faisant 21 morts. 
    Des militaires et des policiers en armes patrouillaient 
mercredi dans les rues de la capitale, où ils ont déployé des 
barrages afin de fouiller véhicules et passants. A l'aéroport 
international de Tunis, les forces de sécurité ne laissaient 
entrer que les passagers devant prendre un vol. 
     
    ARRESTATIONS IL Y A UNE SEMAINE 
    L'attentat de mardi dans Tunis est la troisième attaque 
d'envergure qu'ait connue la Tunisie cette année, après celle 
contre un hôtel de Sousse, qui a fait 38 morts fin juin, et 
celle contre le musée national du Bardo, en mars, lors de 
laquelle 21 touristes avaient été tués. Ces deux attaques, qui 
ont visé le secteur du tourisme, un pilier de l'économie 
tunisienne, ont déjà été revendiquées par l'EI. 
    La Tunisie fait figure d'exemple en matière de transition 
démocratique pour d'autres pays ayant vécu le "printemps arabe", 
tels que la Libye voisine. Trois mille de ses ressortissants 
auraient toutefois rejoint les groupes islamistes armés en Syrie 
depuis 2011, ce qui en fait l'un des principaux pourvoyeurs de 
djihadistes étrangers engagés dans les combats. Plusieurs 
centaines d'entre eux sont rentrés. 
    En septembre, sur la foi de renseignements, le gouvernement 
avait évoqué un risque d'attentat à la voiture piégée dans la 
capitale, dont une partie avait été fermée à la circulation. Il 
y a une semaine, Tunis avait en outre annoncé l'arrestation de 
17 djihadistes qui s'apprêtaient à commettre un attentat 
d'envergure contre des hôtels et des commissariats. 
 
 (Tarek Amara; Eric Faye et Nicolas Delame pour le service 
français, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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