L'Atlantique dans un fauteuil

le , mis à jour à 06:14
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L'Atlantique dans un fauteuil
L'Atlantique dans un fauteuil

Ce sera sa première et sans doute sa dernière grande traversée. Aujourd'hui, à 15 heures, Jean d'Artigues, un chef d'entreprise morbihannais de 52 ans, s'élancera du port de La Trinité-sur-Mer pour une transat de sept semaines en équipage jusqu'en Martinique. « Passionné de voile, j'ai été bercé pendant toute mon enfance aux grandes épopées maritimes, raconte-t-il. A partir de 10-12 ans, j'ai eu la chance de pouvoir naviguer régulièrement, mais jamais aussi loin ni aussi longtemps. »

 

Se frotter à l'Atlantique est donc un vrai pari. « Dans mon état, c'est même une douce folie », reconnaît-il. Depuis cinq ans, l'homme est rongé à petit feu par la maladie de Charcot. « Une pathologie neurodégénérative qui s'attaque aux neurones moteurs et conduit progressivement à la paralysie totale jusqu'à la mort », explique-t-il avec le calme d'un marin cramponné au mât de son bateau en pleine tempête.

 

Ironie de l'histoire, c'est sur la mer que sa vie a chaviré. « C'était en septembre 2011, au large du golfe du Morbihan », raconte-t-il. « J'étais sur un voilier avec tout un équipage. Le médecin qui nous accompagnait a remarqué que lorsque j'étais au winch pour border les voiles, mes jambes n'arrivaient pas à suivre la cadence. Ça lui a mis la puce à l'oreille... » Après huit mois d'examens, le diagnostic tombe comme un couperet. « Vous avez beau savoir que vous êtes mortel, quand vous apprenez que c'est bientôt fini, tout s'arrête, confie-t-il. Il y a une forme de sidération, d'incrédulité. » Les symptômes, pourtant, ne laissent aucun doute : en à peine deux ans, il perd l'usage de ses deux jambes. Condamné au fauteuil roulant à perpétuité, il ne se laisse pas démonter pour autant.

 

« Comme Claude Abgral, qui a descendu la vallée blanche en traîneau il y a deux ans, j'avais envie moi aussi de faire parler de la maladie et de redonner espoir à ceux qui en sont victimes ...

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