L'assurance-vie séduit moins les épargnants

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INFOGRAPHIE - Les Français ont retiré 2,1 milliards d'euros depuis le début de l'année. Le ralentissement de la collecte pourrait cependant avoir des côtés positifs inattendus pour les assureurs.

L'assurance-vie séduit moins les épargnants
L'assurance-vie séduit moins les épargnants

Les particuliers continuent de bouder l'assurance-vie. Entre janvier et avril, ils ont ainsi retiré 2,1 milliards d'euros de leurs contrats, selon la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA). Cette tendance, qui a débuté au début de l'automne 2011, traduit en partie l'inquiétude des ménages face à la crise des dettes souveraines de la zone euro. «Depuis le début de l'année, ils favorisent les placements liquides, plus souples que l'assurance-vie, car ils permettent de récupérer son épargne sans frais, à tout moment», explique Robert Marti, associé chez Pair Conseil. D'autant que les fonds en euros ne rapportent plus autant que par le passé.

En 2011, les épargnants ont obtenu 3 % en moyenne (avant prélèvements sociaux de 15,5 % à partir du 1er juillet). De plus, depuis quelques mois, «les ménages ont aussi moins d'épargne à réinvestir dans des placements financiers. Cela est dû notamment au fort ralentissement des transactions sur le marché immobilier», poursuit Robert Marti. C'est surtout vrai pour les seniors, qui bien souvent vendent leur logement pour en acheter un peu plus petit, et placent ensuite leur plus-value dans des contrats en assurance-vie.

Mais le ralentissement de la collecte peut aussi avoir des côtés positifs inattendus pour les assureurs. «Cela leur rend finalement service, car avec l'aggravation de la crise des dettes souveraines et la chute des marchés financiers, il leur est assez difficile d'investir les sommes collectées», estime Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures. Les fonds en euros, qui représentent 80 % de l'assurance-vie, sont en effet largement investis en emprunts d'États de la zone euro, notamment français, mais aussi espagnols et italiens, actuellement sous pression. Depuis le début de la crise cependant, «les assureurs ont fortement réduit le poids des obligations souveraines dans leurs portefeuilles, en particulier, les emprunts d'États périphériques», note Chartier-Kastler. «Elles représentent désormais entre 20 % et 35 % des portefeuilles en moyenne, contre 35 % à 60 % il y a trois ans», précise-t-il. ­Elles ont souvent été remplacées par des obligations d'entreprises. Le poids des dettes espagnoles et italiennes est lui aussi beaucoup moins importante.

Les taux de rendement pourraient monter

L'agence de notation Fitch Ratings estime de son côté que les compagnies d'assurance-vie sont moins exposées que les banques à une possible sortie de la Grèce de la zone euro. Elles peuvent en effet puiser dans la provision pour excédent (PPE), une réserve alimentée au fil des exercices pour assurer la pérennité des contrats d'assurance-vie. C'est grâce à ce mécanisme que les assureurs ont pu limiter l'impact de l'effacement d'une partie de la dette grecque en 2011, soulignent les analystes de Fitch.

Les taux de rendement servis en 2012 pourraient remonter. «Et avoisiner les 3,3 % en moyenne», estime ainsi le président de Facts & Figures. Ce qui serait tout à fait honorable, dans le contexte de taux bas actuels et pourrait redorer un peu le blason de l'assurance-vie, dont les encours restent stables (1 375,6 milliards d'euros).

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