L'assurance-vie devient moins rentable

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Le contrat de l'Afer, qui fut longtemps la référence sur le marché, n'a rapporté que 3,52% l'an dernier, contre 4,12% en 2009. Un recul plus fort que celui de la plupart des contrats. Peu d'assureurs serviront plus de 4%.

L'étonnement se lisait sur les visages, hier, lorsque Gérard Bekerman, le président de l'Afer, a annoncé le rendement du contrat de l'association d'épargnants pour 2010: 3,52%. Un taux nettement inférieur à celui d'autres contrats réputés sur le marché, et surtout en fort recul par rapport à l'année précédente. En 2009, le fonds en euros du contrat de l'Afer avait rapporté 4,12%. Presque tous les contrats d'assurance-vie affichent certes des rémunérations en repli, mais la baisse est en général plus limitée, entre 0,20% et 0,50%.

Car l'année a été difficile pour les assureurs, qui investissent largement en emprunts d'État français ou allemands. « Les taux d'intérêt sur ces titres ont atteint des niveaux très faibles l'an dernier: jusqu'à 2,30% pour les taux allemands à dix ans par exemple. Investir dans ces conditions fait mécaniquement baisser les rendements », rappelle Bernard Le Bras, PDG d'ACMN Vie. Et la Bourse n'a pas non plus comblé ceux qui diversifient leurs investissements en actions.

Une conjoncture difficile

Les contrats qui ont attiré les plus fortes souscriptions (comme l'Afer, avec un milliard d'euros de collecte nette) ont été les plus pénalisés par cette conjoncture difficile: leurs gestionnaires ont dû placer des montants importants sur les marchés financiers au pire moment.

D'où la tentation de diversifier les portefeuilles sur les emprunts d'États périphériques (Italie, Espagne, Portugal...). Le fonds en euros de l'Afer par exemple était en fin d'année investi à près de 10% sur ces titres. L'assureur Aviva, qui le gère, a aussi misé sur les obligations du secteur financier (36% du portefeuille). Mais surtout il conserve plus de 10% de liquidités en attente d'investissements cette année.

Les assureurs espèrent en effet une lente remontée des taux d'intérêt, qui permettrait de limiter à l'avenir la baisse des taux de leurs contrats. Beaucoup ont aussi préféré modérer les rendements servis pour 2010, pour mettre en réserve une partie des profits financiers réalisés. Ils les distribueront au cours des prochaines années, pour soutenir les rendements. «Nous avons utilisé les plus-values réalisées sur les actions pour doter nos réserves», explique Marcel Kahn, directeur général du groupe MACSF. Mais ce n'est pas la stratégie de l'Afer, qui distribue l'intégralité des produits financiers aux adhérents.

Entre 3% et 4%

Parmi les assureurs qui ont déjà publié leurs rendements, la MAAF est cette année l'un des plus généreux (4,11% sur son contrat vedette Winalto, contre 4,31% en 2009), comme la MACSF qui a servi 4,05% sur son contrat en euros RES ou la Matmut qui offre le même taux. La GMF, elle, est passée sous la barre des 4%, à 3,90% (4,15% en 2009). Chez Axa, le rendement s'affiche à 3,30%, mais un bonus est accordé aux assurés qui détiennent plus de 50.000 euros et/ou qui ont placé au moins 25% de leur épargne en sicav. Ainsi, le taux peut grimper jusqu'à 4%.

Dans les banques, la rémunération est souvent plus élevée pour les contrats haut de gamme, destinés aux épargnants aisés (3,70% par exemple au Crédit agricole, ou 3,65% chez LCL), et nettement moins attrayante pour les contrats diffusés auprès du grand public (3,30% à la banque verte et chez LCL, 3,10% au Crédit mutuel Nord Europe). Ainsi, les contrats les moins performants flirtent désormais avec les 3%, et certains tombent même en deçà: 2,85% par exemple pour le Livret Vie de la Macif.

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