L'assurance-vie a moins rapporté en 2015 et la tendance devrait se poursuivre

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De 4,1% en 2007, la rémunération brute des fonds euros avait ainsi déjà reculé à 2,5% en 2014, selon les données de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). (bikeriderlondon/shutterstock.com)
De 4,1% en 2007, la rémunération brute des fonds euros avait ainsi déjà reculé à 2,5% en 2014, selon les données de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). (bikeriderlondon/shutterstock.com)

(AFP) - L'assurance-vie a moins rapporté en 2015, avec la baisse de rendement des fonds en euros, et la tendance devrait se poursuivre cette année, ce qui incite certains épargnants à se tourner vers des contrats plus risqués mais potentiellement plus rémunérateurs.

Chaque année, en janvier, les assureurs lèvent le voile sur la rémunération de leurs contrats d'assurance-vie, au titre de l'année précédente. Les taux dévoilés jusqu'à présent affichent globalement des replis.

Les contrats en euros, qui garantissent aux épargnants de retrouver au moins leur capital à terme, sont les plus populaires en France et représentent environ 83% des encours, le reste étant placé sur des contrats en unités de comptes (investis vers des actifs plus risqués type actions).

"Certains opérateurs de taille importante n'ont pas encore communiqué leurs taux pour 2015 mais il est acquis qu'on assistera à une baisse pour arriver à une moyenne entre 2,20% et 2,30%", a déclaré à l'AFP Cyrille Chartier-Kastler du cabinet de conseil Facts & Figures et fondateur du site internet Good Value For Money.

Cette tendance n'est pas nouvelle et est amorcée depuis plusieurs années déjà.

De 4,1% en 2007, la rémunération brute des fonds euros avait ainsi déjà reculé à 2,5% en 2014, selon les données de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA).

Elle s'explique notamment par la baisse quasi ininterrompue des taux des obligations d'Etat, dans lesquelles est investie une grande partie de l'argent collecté par les compagnies d'assurance.

S'y ajoutent les appels répétés des pouvoirs publics à davantage de prudence et de modération de la part des assureurs lorsqu'ils fixent le rendement de leurs contrats.

Ainsi, le Haut conseil de stabilité financière, qui regroupe notamment le ministère des Finances et le régulateur du secteur de l'assurance, avait encore jugé "nécessaire" une baisse de leur rémunération, lors de sa réunion de décembre.

Parmi les premières publications de rémunération pour 2015, Maaf a ramené le taux sur son contrat phare Winalto de 3,01% à 2,75%, soit un niveau similaire à ceux des principaux fonds euros de son concurrent Maif (en baisse de 0,25 à 0,35 point de pourcentage selon les contrats par rapport à 2014).

Mardi, l'Afer, la principale association d'épargnants, a annoncé elle aussi que la rémunération de son contrat avait reculé, passant à 3,05% contre 3,20% un an auparavant.

"Poker menteur"Certains acteurs majeurs, comme Axa ou Predica, n'ont pour leur part pas encore communiqué.

"Cette année, encore plus que les précédentes, on assiste à une partie de poker menteur. Tout le monde s'observe et attend de voir ce que la concurrence a choisi de faire en matière d'amplitude de la baisse des taux de rendement", a expliqué à l'AFP une source bancaire.

Malgré cette baisse, la rémunération des fonds euros reste intéressante par rapport à l'inflation, pratiquement nulle actuellement, et à ce que propose le Livret A (0,75% en ce moment, soit le plus bas taux de son histoire).

Et, pour préparer l'avenir, plusieurs assureurs ont choisi de renforcer leur "provision pour participation aux excédents", une réserve dans laquelle ils pourront puiser pour continuer à proposer de bons taux de rémunération pendant les années difficiles, alors que 2016 s'annonce également morose.

"Notre scénario central est une nouvelle baisse en 2016 et on devrait passer tout juste sous les 2% de rémunération en moyenne", selon M. Chartier-Kastler.

Face à cette situation, des épargnants placent de plus en plus souvent leur argent sur des unités de compte.

Ainsi, de janvier à novembre 2015, les versements sur de tels supports ont représenté 20% des cotisations des onze premiers mois de l'année.

"Cela dépend beaucoup du contexte. Dès que les marchés rencontrent des difficultés, comme l'été dernier, on observe que les assurés se détournent vite des unités de compte", fait valoir un analyste du secteur.

La collecte pour l'ensemble de l'année 2015 ne sera connue que fin janvier mais celle-ci s'annonce déjà comme un très bon cru: à fin novembre, les versements dépassaient les retraits à hauteur de 22,9 milliards d'euros, alors que la collecte nette totale pour 2014 avait atteint 21 milliards d'euros.

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