L'assurance-vie a mieux résisté que prévu à la baisse des taux

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Les fonds en euros les plus performants rapportent plus de 3 %. Bonne surprise à l'Afer et chez Gaipare.

L'assurance-vie a résisté tant bien que mal l'an dernier au plongeon historique des taux d'intérêt sur les marchés financiers. Certes, les assureurs, qui commencent à dévoiler les rendements servis à leurs clients pour l'année 2014, annoncent pour la plupart des chiffres en baisse de 0,20 % à 0,30 % (voir infographie). Mais ils sont encore peu nombreux à afficher des chutes plus fortes, à l'exception du Crédit mutuel Nord Europe (ACMN Vie), où la rémunération a reculé de 0,40 % à 0,50 %, ou de la Macif, où elle perd 0,40 % en un an.

L'an dernier, une poignée de contrats ont même encore rapporté un peu plus de 3 %, principalement ceux des mutuelles (Maaf, Maif, GMF, MACSF...). C'est aussi le cas de l'Afer, qui a annoncé mardi un taux de 3,20 % en 2014 et de Gaipare avec 3,4 %. Un rendement que peu de contrats vont dépasser cette année.


Ces fonds en euros ont plutôt bien résisté au plongeon historique des taux d'intérêt sur les marchés obligataires. Car ils sont très largement investis en obligations souscrites depuis plusieurs années, pieusement conservées par les assureurs pour les revenus qu'elles continuent de verser tous les ans. «Nous avons aussi au premier semestre réalisé des plus-values sur les actions que nous avions dans le fonds euros», souligne Didier Ledeur, directeur général de GMF Vie. Même chance chez Maaf, qui annonce aussi avoir réalisé des plus-values boursières. À la Maif, Thierry Couret, le directeur délégué, évoque, lui, «la qualité de la gestion». Dans certains de ces établissements, le poids des actions dans les fonds euros avoisine 10 % à 12 %.

Mais ces contrats généreux ne doivent pas faire oublier tous les autres, dont le rendement se rapproche inexorablement des 2,50 %, voire même des 2 %. Ce qui reste honorable comparé à l'inflation, tombée sur les 12 derniers mois à 0,3 % (en novembre dernier). «De nombreux contrats fermés, délaissés par les assureurs, affichent traditionnellement des performances plus médiocres encore», souligne Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures. Les professionnels estiment que le taux moyen pour 2014 a peu de chances de dépasser 2,40 % ou 2,50 %.

Les assureurs eux-mêmes évoquent la difficulté d'investir aujourd'hui sans diluer leurs performances les capitaux versés tout au long de l'année par leurs clients, tant les taux d'intérêt sont faibles sur les marchés. Et ils martèlent tous le même message: les épargnants ne doivent plus se contenter d'investir sur le fonds en euros, aussi protecteur soit-il. Ils doivent diversifier leurs contrats en misant aussi sur les unités de compte (les sicav, fonds, SCPI...). «Nous sommes convaincus que c'est la meilleure stratégie pour nos sociétaires», affirme le directeur général du groupe MACSF, Stéphane Dessirier.

L'inévitable diversification

Les unités de compte ont représenté 26 % de la collecte nouvelle de l'année dans cette mutuelle. À l'Afer, où le président Gérard Bekerman plaide aussi pour la diversification, elles ont atteint 18 % de la collecte en 2014. Mais d'autres assureurs restent loin du compte. «Nous nous organisons pour faire preuve de pédagogie envers nos clients et les aider à prendre ce virage», reconnaît Thierry Couret, à la Maif.

Ces établissements n'ont pas voulu y contraindre leurs souscripteurs en minorant plus que nécessaire la performance des fonds en euros. Pourtant, ils auraient pu aisément le faire, n'ayant plus à redouter la concurrence du livret A (tombé à 1 % seulement et qui risque de baisser encore). D'autres assureurs ont choisi une stratégie différente. Axa et MMA, par exemple, offrent chaque année désormais un meilleur taux sur le fonds en euros aux souscripteurs qui détiennent 20 % ou 25 % d'unités de compte et/ou à ceux qui ont plus de 50.000 euros placés. «Peu de leurs clients réunissent les deux conditions», note Cyrille Chartier-Kastler.

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